Confort des vaches : apporter des changements à la zone de stabulation libre fait-il une différence?

Confort des vaches : apporter des changements à la zone de stabulation libre fait-il une différence?

Auteurs : Dr Karin Orsel, Emily Morabito (M.Sc..) et Caroline Corbett, (Ph.D), University of Calgary

Le confort des vaches et le bien-être animal sont d’une grande importance pour l’industrie laitière. Le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers énonce des pratiques recommandées et des exigences pour les producteurs laitiers canadiens concernant le bien-être animal; cependant, nous ne savons pas si les changements sont réellement apportés sur les fermes et quels sont les effets de ces changements sur le confort des vaches.

Un projet de recherche mené par Emily Morabito (M. Sc.) et supervisé par la Dre Karin Orsel à l’Université de Calgary avait pour but de vérifier si des changements avaient été apportés aux stabulations libres sur les fermes qui avaient participé à une évaluation du risque portant sur le confort des vaches, puis de réévaluer les mesures axées sur les animaux propres au confort des vaches décrites dans le Portail canadien de la recherche laitière. L’équipe a découvert que les fermes qui avaient apporté des changements à la zone de stabulation libre à la suite de la première évaluation présentaient un pourcentage plus faible de vaches boiteuses et que leurs vaches passaient en moyenne plus de temps en position couchée chaque jour comparativement aux fermes qui n’avaient pas apporté de changements ou à celles qui n’avaient jamais été évaluées. De plus, les producteurs qui avaient apporté des changements aux stabulations libres ont noté certains facteurs de risque de boiterie comme étant plus importants comparativement à ceux du groupe n’ayant pas apporté de changements

Dans la première partie de l’étude, 60 vaches ont été sélectionnées sur chaque ferme et évaluées pour la boiterie, les blessures aux pattes et le temps passé en position couchée pendant quatre jours. Le premier groupe (15 fermes) s’était soumis à une évaluation des risques 5 ans auparavant et avait depuis apporté des changements à la zone de stabulation libre; le deuxième groupe (15 fermes) s’était soumis à une évaluation des risques 5 ans auparavant, mais n’avait pas apporté de changements. Le troisième groupe (14 fermes) n’avait jamais été évalué. En fonction des réponses du premier groupe, les changements les plus souvent apportés à la zone de stabulation libre étaient d’augmenter la quantité de litière, de remplacer la base de la stabulation par des matelas de type GeoMattress et de rainurer les intersections de couloirs; cependant, les changements précis et leur effet sur le confort des vaches ne pouvaient pas être évalués directement en raison de la variabilité des types de changements ou de la combinaison de changements apportés. Les changements apportés sont conformes à la recherche actuelle, particulièrement celle indiquant que les litières profondes de paille ou de sable diminuent les blessures aux pattes.

Deuxièmement, un questionnaire a été rempli sur les fermes avec les producteurs, ce dernier étant similaire à celui qu’ils avaient rempli 5 ans auparavant, et leurs réponses ont été comparées à celles fournies lors de l’évaluation précédente. Les producteurs du premier groupe avaient tendance à noter les facteurs de risque de la boiterie comme étant plus importants que ceux du deuxième groupe; cependant, ces producteurs avaient obtenu une mesure plus élevée pour la boiterie lors de l’évaluation précédente, ce qui pourrait avoir contribué à leur décision d’apporter des changements. Tous les producteurs ont noté les facteurs de risque comme étant plus importants dans le plus récent questionnaire, ce qui indique que l’évaluation précédente pourrait avoir eu un impact sur leur perception de la boiterie. De plus, d’autres ressources d’information découlant de la sensibilisation accrue de l’industrie pourraient avoir amélioré le niveau de connaissance de tous les producteurs au sujet de la boiterie et des facteurs de risque au fil du temps.

Cette étude révèle que ceux qui ont apporté des changements avaient de meilleures mesures axées sur les animaux en matière de confort des vaches, et que le fait d’être exposé à l’évaluation du confort des vaches a des effets sur l’importance perçue des facteurs de risque associés à la boiterie.

Facteurs de risque de la boiterie

  • Confort des vaches

  • Conception des installations

  • Facteurs liés à la gestion/l’environnement

Contôle des maladies infectieuses des bovins laitiers : Des équipes canadiennes visent des résultats bénéfiques pour les producteurs

image010Le Dr Herman Barkema est le titulaire principal de la Chaire de recherche industrielle en maladies infectieuses des bovins laitiers (CRI-MIBL) à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Calgary depuis 2014.

La programmation de recherche de la CRI-MIBL vise la paratuberculose, aussi appelée « la maladie de Johne », et la mammite.

Chaire de recherche industrielle – Partenariat avec l’industrie

Dr Barkema s’assure que tout aspect du partenariat en recherche subventionné par Alberta Milk, les Producteurs laitiers du Canada, Westgen Endowment Fund, CanWest DHI, Dairy Farmers of Manitoba, BC Dairy Association, et le Réseau laitier canadien, ainsi que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada, maximisera les bénéfices aux producteurs laitiers du Canada.

La prévention et le contrôle de la maladie de Johne

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Carolyn Corbett (PhD) étudie la transmission de la maladie Johne entre les veaux
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Dominique Carson, (MSc) étudie la maladie de Johne dans les veaux

Un élément clé de la stratégie d’éradication de la paratuberculose du cheptel laitier au Canada s’agit de l’adoption des mesures de prévention et de contrôle de la maladie par les producteurs laitiers. En ce qui concerne ces mesures, les résultats d’une étude entreprise récemment par le Dr Barkema et son équipe ont révélé qu’il faut offrir aux producteurs des recommandations taillées à leur entreprise au lieu des recommandations généralisées.

En ce qui concerne la paratuberculose, les études en cours indiquent que la contamination par la bactérie pathogénique qui cause la maladie, Mycobacterium avium ssp paratuberculosis (MAP), peut se transmettre d’un veau à un autre, surtout lorsque les veaux sont élevés en groupe.

Améliorer notre compréhension des bactéries responsable pour la mammite 

Lors de ses travaux en tant que directeur du thème environnement du Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait (RCRMBQL), le Dr Barkema a constaté qu’en dépit du fait que les staphylocoques à coagulase négative (SCN) comprennent le groupe de bactéries le plus retrouve dans la glande mammaire des vaches laitières, on déniche très peu d’information scientifique sur ces organismes. Des résultats préliminaires indiquent que le taux de prévalence de ce groupe de bactéries atteint aux alentours de dix pour cent. Certaines espèces des SCN ont été repérées qui sont inhibitrices des agents causatifs de la mammite, tels que les Staphylococcus aureus, fait qui peut être exploité sur le plan commercial afin de diminuer le taux d’incidence de mammite chez les vaches laitières.

Les chaires industrielles – Encadrement de la relève 

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De gauche à droite : étudiants Diego Nobrega (doctorat), Larissa Condas (MSc) et Dominique Carson (MSc)

L’encadrement de la relève des chercheurs et des conseillers en production laitière s’ajoute aux bénéfices de la CRI-MIBL a l’industrie laitière. Les étudiants de premier, de deuxième et de troisième cycles ainsi que les chercheurs postdoctoraux engagés par l’équipe du Dr Barkema représentent « les pieds sur le terrain » et « les gants dans le laboratoire », menant de nombreuses expériences produisant les résultats bénéfiques pour les producteurs laitiers.

Au cours des années qui restent de la subvention de recherche du CRI-MIBL, le Dr Barkema et son équipe compléteront les expériences déjà entreprises portant sur la paratuberculose et la mammite et feront le transfert de technologie aux échelles nationale et internationale auprès des producteurs laitiers, des conseillers techniques, et des représentants gouvernementaux.

La Dre Shannon L. Tracey provient de Cross the “T” Consulting. Le Dr Herman Barkema est professeur d’épidémiologie des maladies infectieuses à la faculté de médecine vétérinaire de la University of Calgary et professeur adjoint à la Faculté de médecine. Il est également professeur invité à l’Université de Gand (Belge). Il dirige le thème de la recherche environnementale dans les travaux du Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait, de l’Alberta Johne’s Disease Initiative, de l’Alberta Inflammatory Bowel Disease Consortium et du comité technique du Programme volontaire de prévention et de contrôle de la paratuberculose.