Ressources pour les producteurs laitiers : des fiches techniques pour améliorer les procédures de tarissement

  1. FICHE TECHNIQUE : Protocole recommandé pour l’administration d’un scellant interne à trayons chez les bovins laitiers

Cette nouvelle fiche technique est issue d’un projet de collaboration entre le Réseau mammite et les Producteurs laitiers du Canada. Offerte en français, en anglais et en espagnol, elle présente les pratiques optimales et les procédures visuelles étape par étape pour administrer un scellant interne à trayons lors du tarissement. D’ailleurs, de plus en plus de fermes utilisent un scellant à trayons comme mesure préventive pour améliorer la santé du pis dans le cadre d’une stratégie plus vaste visant à réduire l’utilisation des antimicrobiens dans les fermes laitières. 

Pour télécharger gratuitement la fiche technique, visitez reseaumammite.org.

Une série de fiches techniques additionnelles présentant des recommandations concernant l’évaluation, le traitement et la prévention de la mammite dans les fermes laitières est disponible dans le site web du Réseau mammite à reseaumammite.org.

  1. FICHE TECHNIQUE : Tarissement des vaches laitières de réforme en période de forte production et en situation d’urgence

Cette fiche technique publiée en août 2020 en français, en anglais et en espagnol comprend des procédures de tarissement pour les vaches laitières en lactation conformément aux normes élevées du Canada en matière de bien-être animal ainsi qu’à la réglementation fédérale sur le transport (2020). La nouvelle réglementation en matière de transport exige que les vaches en lactation ne soient pas transportées à moins d’être traites à des intervalles suffisants pour prévenir l’engorgement du pis[i].

Une équipe d’experts du Réseau mammite, dirigée par le Dr Trevor DeVries (Université de Guelph), a élaboré les recommandations de la fiche technique sur la base de données scientifiques récentes pour des pratiques optimales en matière de santé et de bien-être des animaux avant leur transport hors de la ferme. Les pratiques recommandées concernent les vaches hautes productrices et les vaches à faible production, ainsi que les mesures à prendre lorsque la date de départ de la ferme est connue ou inconnue, par exemple en situation d’urgence.

Pour télécharger gratuitement la fiche technique, visitez RechercheLaitiere.ca.


[i] Gouvernement du Canada, https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/C.R.C.%2C_ch._296/TexteComplet.html.


NOUVELLE RECHERCHE : Accroître la longévité des vaches dans les fermes laitières en améliorant la régie des veaux au cours de leur première année de vie

La longévité des vaches a un impact significatif sur la durabilité de la production laitière, considérant que la rentabilité d’un animal en production ne commence souvent qu’à la troisième lactation. Une bonne régie des veaux en début de vie semble avoir un effet sur la performance et la productivité future des animaux[i]; cependant, peu d’études existent sur l’influence à long terme des pratiques de régie et des stratégies d’alimentation utilisées pendant cette période.

Un projet mené dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 et dirigé par Greg Keefe et J Trenton McClure (Université de l’Île-du-Prince-Édouard), en collaboration avec Elsa Vasseur (Université McGill) et Débora Santschi (Lactanet), étudie les associations entre la régie et le bien-être des veaux et la productivité et la longévité réelles des vaches comparativement à leur plein potentiel génétique. 

« Notre objectif est d’identifier les meilleures pratiques de régie qui peuvent être adoptées pour aider les veaux à atteindre leur plein potentiel génétique, explique Greg Keefe. Ce travail, de pair avec la recherche d’Elsa Vasseur (Chaire de recherche industrielle CRSNG/Novalait/Producteurs laitiers du Canada/Lactanet sur la vie durable des bovins laitiers), favorisera une vie productive à plus long terme pour les vaches laitières canadiennes. »

L’équipe recueillera auprès de plus de 1 500 fermes du Québec et des Maritimes des données sur les pratiques de régie des veaux, y compris sur les pratiques de gestion du colostrum, l’alimentation pré-sevrage (croissance) et les événements liés à la santé des veaux (morbidité et mortalité). Les chercheurs utiliseront aussi des données déjà recueillies sur près de 3 500 veaux du Nouveau-Brunswick à l’aide d’un journal exhaustif sur les veaux permettant de rassembler toute l’information au sujet des animaux. Ces données incluront des facteurs tels que la santé et l’immunité, l’alimentation, le gain de poids et les maladies documentées au fil du temps. Des données sur la production de lait (production de 305 jours pour une lactation complète, production totale à vie jusqu’à la fin de l’étude), la date de réforme et les raisons pour lesquelles les vaches quittent le troupeau seront extraites annuellement de la base de données d’amélioration des troupeaux laitiers (DHI). De plus, les associations entre les données recueillies en début de vie et la productivité et la longévité des vaches adultes seront évaluées et calculées. 

Des données sur un sous-ensemble de ces animaux sur lesquels des tests génétiques ont été effectués lorsqu’ils étaient des veaux seront également liées aux données de gestion, d’alimentation et de santé afin d’étudier l’impact de la régie en début de vie sur l’atteinte du plein potentiel génétique des veaux au moyen de mesures relatives à la productivité et à la longévité de l’animal. 

« Nous travaillons avec une équipe formidable pour identifier les pratiques de régie et les événements de santé chez les veaux afin d’aider les producteurs à tirer le maximum du potentiel génétique de leurs animaux », explique J Trenton McClure. « C’est Lactanet qui gère l’enquête sur la gestion des veaux auprès des producteurs. De plus, nous recherchons des producteurs qui pratiquent le génotypage chez une portion de leurs veaux afin qu’ils contribuent au projet de recherche en participant à une autre courte enquête sur les pratiques vétérinaires et les événements de santé chez les veaux dans leur ferme » a conclu Dr. McClure.


Nous cherchons des producteurs laitiers pour cette étude de recherche!

Les producteurs laitiers du Québec et du Nouveau-Brunswick sont invités à participer à cette étude.

Si vous choisissez de participer, veuillez répondre à six courtes questions en cliquant sur le lien ci-dessous pour voir si votre troupeau se qualifie pour l’étude. 

Si vous vous qualifiez, les chercheurs vous contacteront pour vous demander de répondre à un court questionnaire de suivi d’environ 15 minutes en lien avec la régie de la santé de vos veaux. Les chercheurs vous demanderont également votre permission pour accéder par l’entremise de Lactanet à vos données de production à propos des animaux chez qui vous avez fait des tests génétiques. Les données auxquelles nous souhaitons avoir accès concernent ce qui suit : la production laitière, la fertilité, le taux de survie, les paramètres de santé et l’état de chair. 

Une fois que vous aurez répondu au questionnaire de 15 minutes, les chercheurs vous offriront une carte-cadeau de 10 $ de votre choix (Tim Hortons ou Canadian Tire) pour vous remercier de votre temps. Si vous avez des questions avant de prendre votre décision, n’hésitez pas à communiquer avec les personnes suivantes : en anglais, Elizah McFarland (edmcfarland@upei.ca) 902 566-0969, le Dr J.T McClure (jmcclure@upei.ca) 902 566-0717 ou le Dr Greg Keefe (gkeefe@upei.ca) ou en français, Cynthia Mitchell (camitchell@upei.ca) 902 566-6081. 

Merci de considérer de participer à ce projet!

Français : https://www.surveymonkey.com/r/TTG2CHL


Aperçu du projet

  • Chercheurs principaux : Greg Keefe et J Trenton McClure (University of Prince Edward Island)
  • Co-chercheurs : Elsa Vasseur (Université McGill), Luke Heider (University of Prince Edward Island) et Débora Santschi (Lactanet) 
  • Période : 2018-2022
  • Budget total : 269 100 $ 

Téléchargez un sommaire du projet ici : RechercheLaitiere.ca.


[i]Lohakare et al., 2012. Asian-Austrasas J. Anim. Sci. 25(9): 1338; Dingwell et al., 2006. J. Dairy Sci. 89(10): 3992 

NOUVELLE RECHERCHE : Identifier les meilleures pratiques de gestion pour la production d’un ensilage de grande qualité

La volatilité de la météo et les changements climatiques ont rendu la culture et les récoltes encore plus complexes pour les producteurs laitiers, et ce qui pourrait avoir un impact sur la qualité et les coûts des aliments pour les animaux. Avec le coût d’alimentation qui est une des dépenses les plus importantes dans une ferme laitière, une nouvelle recherche dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 vise à aider les producteurs à améliorer leurs pratiques pour produire un ensilage de haute qualité à moindre coût avec des plans de gestion spécifiques aux différentes régions. Ce projet de la Grappe aborde une priorité stratégique clé de la Stratégie nationale de recherche laitière des PLC ciblant la sélection et la gestion des fourrages en vue d’en améliorer le rendement, la résistance, la conservation, la qualité et la digestibilité.

Dres Nancy McLean (Université Dalhousie) et Linda Jewell (Agriculture et Agroalimentaire Canada [AAC] – St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador) dirigent ce projet de recherche avec une équipe de chercheurs de partout au Canada. Il s’agit de l’un des premiers projets pancanadiens à recueillir des données sur tous les aspects de la production et de la gestion de l’ensilage dans le but de fournir aux producteurs laitiers des données pratiques pour les aider à développer des plans de gestion ciblés.

« Compte tenu de la variété de conditions climatiques dans chaque province pendant une période de végétation, nous évaluons des plans de gestion de l’ensilage spécifiques aux types d’ensilages produits dans différentes régions afin de déterminer ceux qui fonctionnent le mieux pour réduire les coûts, favoriser l’environnement et améliorer la santé et la longévité des vaches », explique Nancy McLean. 

L’équipe recueille de l’information détaillée sur la production d’ensilage au moyen d’une enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de 400 fermes établies dans différentes régions. Le questionnaire prévoit une composante économique afin de mesurer les coûts de la production d’ensilage. De plus, l’équipe analyse des échantillons utilisés pour la formulation de la ration afin de mesurer la qualité de l’ensilage dans plus de 200 fermes. Des données seront aussi recueillies à partir des plans de gestion des éléments nutritifs et du fumier, et l’ADN sera extrait des échantillons d’ensilage pour identifier les contaminants fongiques présents dans les ensilages. 

« Les producteurs ont besoin d’un ensilage de haute qualité contenant des éléments bénéfiques pour les rations alimentaires en vue de maintenir la santé des animaux laitiers et la production de lait. La qualité de l’ensilage est affectée par de nombreux facteurs comme les espèces, le pourcentage de légumineuses inclus, la fertilité du sol, le stade de croissance lors de la récolte, la matière sèche, le type de silo et la gestion du silo. Dans le cadre de l’évaluation de la qualité, nous prélevons et analysons aussi des échantillons d’ensilage avant qu’il soit servi pour détecter et identifier les contaminants fongiques et déterminer si des espèces associées aux mycotoxines sont présentes dans les ensilages mal conservés. C’est aussi un élément important de la gestion de la qualité », ajoute Linda Jewell.

Aperçu du projet

  • Chercheures principales : Nancy McLean, Dalhousie University, et Linda Jewell, Agriculture et Agroalimentaire Canada (St. John’s, Terre-Neuve-et-Labrador)
  • Co-chercheurs : Kees Plaizier, Kim Ominski, Emma McGeough, Francis Zvomuya (University of Manitoba), Carole Lafrenière (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Shabtai Bittman (AAC-Agassiz), Emmanuel Yiridoe (Dalhousie University), David Dykstra (Ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick), Fred Waddy (LAIT 2020) 
  • Période : 2018-2022 
  • Budget total : 799 419 $ 

Téléchargez un sommaire du projet ici : RechercheLaitiere.ca.

Nouvelle fiche technique pour les producteurs : Tarissement des vaches laitières de réforme en période de forte production et en situation d’urgence

Les producteurs peuvent télécharger une nouvelle fiche technique intitulée : Tarissement des vaches laitières de réforme en période de forte production et en situation d’urgence. Le document a été préparé par des experts scientifiques du Réseau mammite sous la direction du Dr Trevor DeVries (University of Guelph) en collaboration avec des conseillers techniques, des vétérinaires et des membres du Comité technique sur le bien-être animal de proActionMD.

La fiche technique fournit des indications à tous les producteurs laitiers sur les procédures de tarissement appropriées pour les vaches laitières de façon générale, mais aussi en situation d’urgence. Il est important d’appliquer des procédures de tarissement appropriées pour les vaches laitières en lactation afin de maintenir les normes élevées de l’industrie laitière canadienne en matière de bien-être animal. Des procédures de tarissement d’urgence peuvent être nécessaires dans des situations telles qu’un accident à la ferme ou une interruption rapide et imprévue de la demande de lait nécessitant une réduction rapide de la production laitière (p. ex. les perturbations à la chaîne d’approvisionnement ayant découlé de la pandémie de COVID-19). En toutes circonstances, l’application des procédures permet aux producteurs de s’assurer de maintenir la santé et le bien-être des animaux et de se conformer à la récente mise à jour de la réglementation fédérale (2020) pour le transport des bovins laitiers.

Des copies plastifiées pouvant être affichées dans les étables seront bientôt disponibles auprès des représentants de proAction en bien-être animal dans chaque province.

Nouvelle recherche : la gestion de l’utilisation de l’eau et l’empreinte hydrique dans les climats actuels et futurs

shutterstock_271766828Une nouvelle recherche soutenue par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et les Producteurs laitiers du Canada (PLC) sous la Grappe de recherche laitière 3 permet d’identifier et de tester des méthodes pour gérer plus efficacement l’utilisation de l’eau dans les fermes laitières, notamment l’eau potable pour le bétail. Ce projet de cinq ans mené par le Dr. Andrew VanderZaag (AAC) et le Dr. Robert Gordon (University of Windsor) ainsi que par une équipe de collaborateurs de partout au Canada est intitulé Réduire l’empreinte hydrique de la production laitière dans les climats actuels et futurs et comprend trois principaux objectifs :

  • Caractériser l’utilisation de l’eau dans les étables et identifier les meilleures pratiques de gestion afin d’en réduire l’utilisation et d’accroître l’efficacité;
  • Évaluer le stress thermique chez les vaches laitières ainsi que les options d’atténuation dans les climats actuels et futurs;
  • Évaluer les méthodes de traitement pratiques pour gérer les effluents d’ensilage.

Le projet s’appuie sur les résultats d’un vaste projet sur l’utilisation et la conservation de l’eau réalisé dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018) et qui a mesuré l’empreinte hydrique de la production laitière et identifié des moyens de la réduire. Les chercheurs mesurent l’utilisation de l’eau à la ferme (dans l’étable et les eaux usées) et les indicateurs de stress thermique en Alberta, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse. Pour ce faire, les étables laitières sont équipées de débitmètres, et les données recueillies seront compilées en vue d’établir des mesures de référence propres à chaque région quant à l’utilisation de l’eau. Les chercheurs intégreront les données dans des modèles afin d’évaluer dans quelle mesure diverses pratiques de gestion permettent d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau dans chaque région. De plus, ils tiendront compte de la consommation d’énergie et des coûts des différentes pratiques environnementales optimales.

Minimiser le stress thermique chez les vaches laitières constitue l’une des plus importantes opportunités identifiées par les chercheurs pour gérer plus efficacement l’utilisation de l’eau dans les fermes laitières et réduire leur empreinte hydrique. En effet, lorsque les vaches subissent un stress thermique, leur prise alimentaire diminue, leur consommation d’eau augmente et leur rendement en lait diminue. Ces facteurs contribuent à une hausse de l’empreinte hydrique, en plus d’engendrer des effets négatifs sur la reproduction et la santé des vaches, entraînant des pertes de revenus pour les producteurs.

La fréquence et l’ampleur des épisodes de stress thermique devraient augmenter au Canada en raison des changements climatiques. Pour adresser les impacts de cet enjeu sur les fermes, les chercheurs examinent les indicateurs de stress thermique tels que l’indice température-humidité (l’ITH est un chiffre qui montre l’effet combiné de la température et de l’humidité de l’air) dans différents types d’étables, de configurations et de systèmes de ventilation sur des sites d’expérimentation à travers le pays. Ils évalueront ensuite diverses stratégies pour réduire l’impact sur les animaux et l’utilisation de l’eau.

Une autre importante composante de cette recherche est la mesure et le captage des eaux de ruissellement contenant une charge polluante élevée pouvant être néfaste pour l’environnement. Les chercheurs évaluent des systèmes de traitement à faible coût visant à recueillir les eaux de ruissellement riches en éléments nutritifs et testeront de nouvelles technologies pour capturer les éléments nutritifs importants tels que le phosphore dans les eaux usées.

Les résultats de cette recherche nationale contribueront à produire des données scientifiques qui permettront de développer des pratiques de gestion optimales relatives à l’adaptation aux changements climatiques, de réduire l’empreinte hydrique des fermes et d’améliorer leur performance environnementale.

Le projet en bref

Équipe de recherche :

Chercheurs principaux : Andrew VanderZaag (Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)-Ottawa) et Robert Gordon (University of Windsor)

Co-chercheurs : Roland Kroebel (AAC-Lethbridge), Merrin Macrae (University of Waterloo), Édith Charbonneau (Université Laval), Terra Jamieson (AAC-Halifax), Ward Smith, Budong Qian (AAC-Ottawa)

Collaborateurs : Tom Wright (Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario), Sean McGinn, Tim McAllister (AAC-Lethbridge), Keith Reid (AAC-Guelph), Ray Desjardins (AAC-Ottawa), Tim Nelson (Livestock Research Innovation Corporation), John McCabe (Department of Agriculture, Nouvelle-Écosse)

Budget total : 706 438 $

Partenaires financiers : Contribution en espèces par Agriculture et Agroalimentaire Canada et les Producteurs laitiers du Canada

Huit fermes laitières canadiennes ont été ciblées pour participer à ce projet de recherche.

Ressources sur les pratiques optimales pour réduire la consommation d’eau dans votre ferme laitière :

Feuillets d’information PLC sur la qualité et la conservation de l’eau

Vidéos sur les pratiques optimales relatives à l’utilisation de l’eau – chaîne YouTube de la Grappe de recherche laitière :

Résumés de recherche et liens :

Réduire l’empreinte hydrique de la production laitière dans les climats actuels et futurs, Grappe de recherche laitière 3 (2018-2022)

Évaluation et optimisation de l’empreinte hydrique des fermes laitières canadiennes, Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018)

Utilisation et conservation de l’eau dans une ferme laitière à stabulation libre (anglais seulement), Dairy Research and Extension Consortium of Alberta, Alberta Milk

 

Grappe de recherche laitière 3 : PROJET DE RECHERCHE EN VEDETTE

Au cours des prochains mois, nous présenterons l’un des 15 nouveaux projets de recherche de la Grappe 3 dans chacun de nos blogues afin de permettre à nos abonnés d’en apprendre davantage à propos de la recherche en cours. En effet, nos lecteurs découvriront comment la recherche est associée aux priorités de recherche des producteurs laitiers, pourquoi elle est importante pour favoriser l’innovation dans l’industrie laitière et ils en apprendront davantage sur les chercheurs participant aux projets.

Bonne lecture!

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Optimiser la santé et la production des vaches en système de traite automatisé

Une nouvelle recherche débutée en 2018 dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 explore des moyens de maximiser l’efficacité des systèmes de traite automatisés et d’optimiser la santé des vaches qui les utilisent. Le projet, dirigé par le Dr Trevor DeVries de l’Université de Guelph, tombe à point puisqu’environ 11 % des fermes participant à un programme de contrôle laitier au Canada utilisent des robots et que l’adoption de cette technologie continue de s’accélérer.

La portée de cette nouvelle recherche est impressionnante. Il s’agit de la première étude du genre à explorer les technologies de traite automatisées dans des fermes de toutes les provinces. De plus, l’étude sera basée sur des données recueillies en collaboration avec Lactanet. L’équipe de recherche comprend des experts canadiens de renom provenant de partout au pays et spécialisés dans les domaines de la santé des bovins laitiers, de la gestion et de la nutrition : les DrsGreg Penner et Tim Mutsvangwa (Université de la Saskatchewan), les DrsKarin Orsel et Ed Pajor (Université de Calgary), le Dr Todd Duffield (Université de Guelph) ainsi que Richard Cantin, Débora Santschi et René Lacroix (Lactanet).

L’équipe de recherche identifiera les facteurs au niveau des vaches et du troupeau qui influent sur la production laitière, la santé des vaches et l’efficacité de l’utilisation des robots en étudiant un échantillon à grande échelle de fermes laitières. L’information sera utilisée pour identifier les meilleures pratiques de gestion pour aider les producteurs employant des systèmes automatisés à produire du lait plus efficacement et à maintenir leurs vaches laitières en bonne santé. Un accent particulier sera mis sur la santé des vaches en début de lactation et sur les pratiques d’alimentation dans les étables en fonction de la conception et de la configuration de l’étable et cela, pour tous les stades de lactation.

« Considérant le nombre de fermes utilisant des systèmes de traite automatisés et le potentiel de croissance de cette technologie, il nous manque encore des connaissances sur les meilleures stratégies que peuvent utiliser les producteurs pour relever certains des défis que nous avons identifiés lors des recherches menées dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2. Cette nouvelle recherche s’appuiera sur ces résultats », a indiqué le Dr DeVries.

Dans le projet de la Grappe de recherche laitière 2 sur les systèmes de traite automatisés, les chercheurs ont démontré qu’une baisse de production laitière et des problèmes en lien avec la santé des vaches, particulièrement en début de lactation, avaient un impact sur la rentabilité des systèmes automatisés. La boiterie, par exemple, était l’un des principaux facteurs identifiés comme ayant un impact négatif global sur la production de lait par vache et par robot. En effet, les vaches présentant une boiterie clinique (pointage pour la démarche de 3 sur 5 ou plus) produisaient 1,6 kg de lait de moins par jour que les vaches en santé et se faisaient traire 0,3 moins de fois par jour. De plus, il était deux fois plus probable que les producteurs doivent aller les chercher pour la traite. De plus, les vaches souffrant de boiterie grave (pointage pour la démarche de 4 sur 5 ou plus) étaient les plus susceptibles de devenir des vaches qu’il faut systématiquement aller chercher pour la traite.

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Visionnez la vidéo des résultats de la Grappe de recherche laitière 2 préparée par Meagan King (en anglais).

Pendant une période de 12 mois, ce groupe de chercheurs recueillera des données sur le logement, l’alimentation et la gestion par ferme et par système automatisé, et extraira les données issues du contrôle laitier pour chaque troupeau. Les données seront analysées afin d’évaluer l’impact au niveau des vaches et du troupeau sur la production laitière, la santé et l’utilisation du robot.

« L’important volume de données recueillies par ferme et par région nous permettra d’évaluer le rendement des systèmes automatisés. Nous serons ensuite en mesure d’établir des associations ou des différenciations, et d’élaborer des valeurs de référence dont les producteurs laitiers pourront se servir s’ils traient déjà leurs vaches avec des robots ou s’ils envisagent d’installer cette technologie sur leur ferme. Nous sommes impatients de développer pour les producteurs laitiers canadiens des informations indépendantes très pratiques, basées sur la science, et qui les aidera à utiliser la technologie le plus efficacement possible », a conclu le Dr DeVries.

Le projet en bref

  • Échéancier : 2018-2022
  • Budget : 300 000 $
  • Partenaires financiers : Agriculture et Agroalimentaire Canada et Les Producteurs laitiers du Canada, avec une contribution en nature de Lactanet
  • Nombre de fermes participantes : Plus de 200
  • Nombre d’étudiants qui seront formés : Plus de 8

 L’équipe de recherche

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Le Dr Trevor DeVries (professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le comportement et le bien-être des bovins laitiers) est le chercheur principal, le coordonnateur du projet et le principal conseiller pour l’étudiant au doctorat et les assistants de recherche de premier cycle qui travailleront l’été à l’Université de Guelph. Le Dr DeVries coordonnera l’ensemble de la collecte des données, particulièrement celles recueillies en Ontario et au Québec.

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Le Dr Todd Duffield (professeur, Ontario Veterinary College) est collaborateur et membre du comité consultatif de l’étudiant au doctorat à l’Université de Guelph et participera à la conception du projet ainsi qu’à l’analyse et à l’interprétation des données.

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Le DrGregory Penner (professeur agrégé en physiologie de la nutrition) et le DTimothy Mutsvangwa (professeur en nutrition et métabolisme des ruminants) de l’Université de la Saskatchewan fourniront leur expertise en physiologie de la nutrition des bovins laitiers. À titre de co-chercheur, Dr Penner aura la responsabilité de conseiller les assistants de recherche du premier cycle qui travailleront pendant l’été à recueillir des données dans des fermes de la Saskatchewan et du Manitoba. De plus, les deux chercheurs participeront à l’interprétation des données et à la rédaction du manuscrit. 

Unknown-1La Dre Karin Orsel (professeure agrégée en épidémiologie vétérinaire à l’Université de Calgary) aura la responsabilité, en tant que co-chercheuse, de conseiller les assistants de recherche du premier cycle qui travailleront pendant l’été à recueillir des données dans des fermes de l’Alberta. La DreOrsel et le Dr Pajor (collaborateur) contribueront à l’interprétation des données et à la rédaction du manuscrit.

UnknownCe projet implique une importante collaboration de membres de l’équipe de Lactanet : Richard Cantin, Débora Santschi et René Lacroix. Ceux-ci participeront à l’identification et au recrutement des troupeaux, fourniront une expertise en gestion des données et donneront accès aux données du contrôle laitier de Lactanet (sous réserve de l’approbation des producteurs et de leur consentement à participer à l’étude).

Les sommaires des 15 nouveaux projets de recherche lancés dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 sont maintenant disponibles en ligne

Grappe 3_OptimisertraiteautomatiseQuinze nouveaux projets de recherche portant sur l’efficacité et la durabilité des fermes laitières, la santé et le bien-être des vaches, la qualité du lait, et le lien entre les produits laitiers et la santé cardiométabolique ont été annoncés dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 en juillet 2019. Les engagements financiers conjoints de l’industrie et du gouvernement pour la Grappe de recherche laitière 3 totalisent 16.5 M$, y compris la contribution des partenaires majeurs Agriculture et Agroalimentaire Canada, Les Producteurs laitiers du Canada, Lactanet Canada et Novalait. De plus, 1 300 fermes laitières et 10 transformateurs laitiers consacreront du temps aux projets de recherche proposées en collaborant avec les équipes de recherche.

Un sommaire de chaque projet de recherche est maintenant disponible en ligne à recherchelaitiere.ca. Les sommaires contiennent la liste des chercheurs qui travaillent sur le projet, le montant investi, les objectifs, un aperçu du projet de même que les résultats attendus.

Des copies des sommaires seront distribuées lors des prochaines conférences où la Grappe de recherche laitière tiendra un kiosque.

 

Blogue vidéo : Derek Haley et la santé des veaux

Un nouveau blogue vidéo (VLOG) est maintenant disponible. Il met en vedette Derek Haley, Ph.D., de l’Université de Guelph, qui présente ses résultats de recherche sur la santé et le bien-être des veaux et l’utilisation de nourrisseurs à veaux automatiques. Grâce à un financement en vertu de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018), Dr. Haley et ses collaborateurs ont étudié les exigences en matière de main-d’œuvre, les avantages potentiels sur le plan du bien-être des veaux et la capacité d’accélérer le rendement des veaux présevrés logés dans des groupes avec des dispositifs d’alimentation automatisés. Regardez le VLOG du Dr. Haley expliquant ses conclusions sur la chaîne YouTube de la Grappe de recherche laitière :

MOOCs sur la mammite

Une nouvelle série de cours en ligne (MOOC) sur la mammite est maintenant offerte gratuitement par l’entremise de l’Université de Montréal. Cette série a été conçue par le Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait (RCRMBQL) et l’Université de Montréal dans le cadre du programme CRSNG FONCER en qualité du lait. Les chercheurs ont réuni des experts de plus de 20 pays en vue de développer cette série de cours, dont l’objectif principal est d’initier les étudiants des cycles supérieurs à la science entourant la mammite et à les préparer pour leurs programmes de recherche. Des praticiens, professeurs et autres professionnels du secteur laitier possédant de bonnes connaissances scientifiques peuvent également s’inscrire à ces cours afin de parfaire leurs connaissances.

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Le premier cours en ligne intitulé « La glande mammaire et sa réponse à l’infection » est offert depuis novembre 2017. Ce premier cours présente des connaissances de base sur l’anatomie et la physiologie de la glande mammaire, la réponse immunitaire, le rôle de la génétique et la pathophysiologie. Pour obtenir plus d’information, visitez le : MOOC Mammite 1.

MOOC2_eng.jpgLe deuxième cours en ligne est intitulé « Épidémiologie et diagnostic de la mammite » et aborde les méthodes d’identification de la mammite et les méthodes de diagnostic. Pour vous inscrire ou obtenir plus d’information, visitez le : MOOC Mammite 2.

Un troisième cours en ligne intitulé « Contrôle de la mammite et qualité du lait » sera offert à une date ultérieure.

La détection automatisée des chaleurs fonctionne aussi bien que les protocoles de synchronisation et fournit des données sur la fertilité

La détection automatisée des chaleurs fonctionne aussi bien que les protocoles de synchronisation et fournit des données sur la fertilité

Auteurs : Dr Ronaldo Cerri (Université de la Colombie-Britannique) et Meagan King, (Post-doc, Université de Guelph)

Pourquoi les moniteurs d’activité automatisés (MAA) sont-ils de plus en plus populaires sur les fermes laitières canadiennes? La recherche financée par les PLC a montré que les MAA peuvent fonctionner aussi bien que les protocoles de synchronisation tout en prédisant également quelles vaches seront les plus fertiles.

Les colliers attachés au cou ou les podomètres attachés à la patte sont actuellement utilisés sur 10 % des fermes laitières canadiennes comme principale stratégie de gestion de la reproduction (> 50 % des inséminations). La détection visuelle des chaleurs et l’insémination artificielle (IA) à temps prédéterminé sont encore davantage utilisées que les MAA, mais cela pourrait changer puisque l’utilisation d’hormones fait de plus en plus l’objet d’une haute surveillance.

Deux essais importants sur le terrain en Ontario et en Colombie-Britannique (financés par la Grappe de recherche laitière 2 et supervisés par le Dr Ronaldo Cerri de l’Université de la Colombie-Britannique et les étudiants Tracy Burnett, Augusto Madureira et Liam Polsky) ont révélé que les programmes de reproduction utilisant les MAA pour la détection des chaleurs sont aussi efficaces que ceux qui se fondent largement sur les protocoles de synchronisation.

Les vaches reproductrices, selon les données des MAA, avaient des taux de gestation similaires par IA et par jours ouverts comparativement à ce qui était observé avec un programme strict d’IA à temps déterminé (programme « Presynch-Ovsynch »). Dans le but d’améliorer l’exactitude de la détection des chaleurs et l’utilisation des données des MAA pour la prise de décisions de gestion à la ferme, le groupe de recherche du Dr Cerri étudie comment les périodes d’œstrus et leur intensité sont liées à l’ovulation, à la fonction ovarienne/utérine, à la fertilité et au rendement des programmes de reproduction des vaches laitières.

Les chercheurs ont aussi découvert que les vaches ayant des chaleurs intenses et des changements importants de leur activité (durant l’œstrus spontané et induit) avaient de meilleurs taux de gestation par IA et étaient plus fertiles, comparativement aux vaches ayant des chaleurs de faible intensité qui présentaient plus fréquemment un défaut d’ovulation. De plus, les vaches se retrouvant parmi les 25 % les plus productives avaient les chaleurs les moins intenses et les plus courtes. Les vaches plus âgées, celles ayant un état de chair faible, et celles ayant un indice température-humidité élevé (plus de 65) ont également montré un comportement œstral plus faible.

Dans l’essai sur le terrain mené en Colombie-Britannique, il y avait une variation importante entre les fermes quant au rendement des programmes basés sur la détection des chaleurs, probablement parce que les MAA sont plus sujets aux variations entre les fermes que les protocoles établis d’IA à temps déterminé. Cela signifie que le meilleur programme de reproduction pour chaque ferme peut varier selon les forces de la ferme, particulièrement selon qu’elles parviennent mieux à utiliser les MAA ou les horaires d’injection correctement et uniformément. Les vaches anovulatoires et celles ayant une mauvaise santé des pattes peuvent également altérer le rendement des programmes de reproduction utilisant les MAA.

Ultimement, il faudrait tenir compte des différences de points de vue et de préférences des producteurs laitiers canadiens (mis en évidence dans un sondage national effectué par José Denis-Robichaud) au moment de choisir les outils optimaux de gestion de la reproduction. Par exemple, les producteurs ont différentes opinions sur les hormones de reproduction en ce qui concerne leur rentabilité et leurs effets à long terme sur la fertilité. Cependant, pour les fermes qui obtiennent déjà des taux de conception de 30 à 35 % en pratiquant la mise à la reproduction durant l’œstrus, cela restera plus rentable que d’effectuer les protocoles complets de synchronisation.