Confort des vaches : apporter des changements à la zone de stabulation libre fait-il une différence?

Confort des vaches : apporter des changements à la zone de stabulation libre fait-il une différence?

Auteurs : Dr Karin Orsel, Emily Morabito (M.Sc..) et Caroline Corbett, (Ph.D), University of Calgary

Le confort des vaches et le bien-être animal sont d’une grande importance pour l’industrie laitière. Le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers énonce des pratiques recommandées et des exigences pour les producteurs laitiers canadiens concernant le bien-être animal; cependant, nous ne savons pas si les changements sont réellement apportés sur les fermes et quels sont les effets de ces changements sur le confort des vaches.

Un projet de recherche mené par Emily Morabito (M. Sc.) et supervisé par la Dre Karin Orsel à l’Université de Calgary avait pour but de vérifier si des changements avaient été apportés aux stabulations libres sur les fermes qui avaient participé à une évaluation du risque portant sur le confort des vaches, puis de réévaluer les mesures axées sur les animaux propres au confort des vaches décrites dans le Portail canadien de la recherche laitière. L’équipe a découvert que les fermes qui avaient apporté des changements à la zone de stabulation libre à la suite de la première évaluation présentaient un pourcentage plus faible de vaches boiteuses et que leurs vaches passaient en moyenne plus de temps en position couchée chaque jour comparativement aux fermes qui n’avaient pas apporté de changements ou à celles qui n’avaient jamais été évaluées. De plus, les producteurs qui avaient apporté des changements aux stabulations libres ont noté certains facteurs de risque de boiterie comme étant plus importants comparativement à ceux du groupe n’ayant pas apporté de changements

Dans la première partie de l’étude, 60 vaches ont été sélectionnées sur chaque ferme et évaluées pour la boiterie, les blessures aux pattes et le temps passé en position couchée pendant quatre jours. Le premier groupe (15 fermes) s’était soumis à une évaluation des risques 5 ans auparavant et avait depuis apporté des changements à la zone de stabulation libre; le deuxième groupe (15 fermes) s’était soumis à une évaluation des risques 5 ans auparavant, mais n’avait pas apporté de changements. Le troisième groupe (14 fermes) n’avait jamais été évalué. En fonction des réponses du premier groupe, les changements les plus souvent apportés à la zone de stabulation libre étaient d’augmenter la quantité de litière, de remplacer la base de la stabulation par des matelas de type GeoMattress et de rainurer les intersections de couloirs; cependant, les changements précis et leur effet sur le confort des vaches ne pouvaient pas être évalués directement en raison de la variabilité des types de changements ou de la combinaison de changements apportés. Les changements apportés sont conformes à la recherche actuelle, particulièrement celle indiquant que les litières profondes de paille ou de sable diminuent les blessures aux pattes.

Deuxièmement, un questionnaire a été rempli sur les fermes avec les producteurs, ce dernier étant similaire à celui qu’ils avaient rempli 5 ans auparavant, et leurs réponses ont été comparées à celles fournies lors de l’évaluation précédente. Les producteurs du premier groupe avaient tendance à noter les facteurs de risque de la boiterie comme étant plus importants que ceux du deuxième groupe; cependant, ces producteurs avaient obtenu une mesure plus élevée pour la boiterie lors de l’évaluation précédente, ce qui pourrait avoir contribué à leur décision d’apporter des changements. Tous les producteurs ont noté les facteurs de risque comme étant plus importants dans le plus récent questionnaire, ce qui indique que l’évaluation précédente pourrait avoir eu un impact sur leur perception de la boiterie. De plus, d’autres ressources d’information découlant de la sensibilisation accrue de l’industrie pourraient avoir amélioré le niveau de connaissance de tous les producteurs au sujet de la boiterie et des facteurs de risque au fil du temps.

Cette étude révèle que ceux qui ont apporté des changements avaient de meilleures mesures axées sur les animaux en matière de confort des vaches, et que le fait d’être exposé à l’évaluation du confort des vaches a des effets sur l’importance perçue des facteurs de risque associés à la boiterie.

Facteurs de risque de la boiterie

  • Confort des vaches

  • Conception des installations

  • Facteurs liés à la gestion/l’environnement

Le Symposium sur la recherche laitière 2018 : des résultats pour prendre action

Le Symposium sur la recherche laitière 2018 : des résultats pour prendre action

La Grappe de recherche laitière est enchantée de présenter le Symposium sur la recherche laitière 2018 : des résultats pour prendre action le 9 février 2018 à l’hôtel Château Laurier, à Ottawa, en Ontario.

Qui devrait y assister?

Des producteurs laitiers canadiens, des intervenants de l’industrie laitière et des professionnels travaillant dans le secteur de la production laitière qui veulent être au fait des nouvelles et connaissances émergentes sur la recherche en production laitière et en nutrition et santé humaines ainsi que des outils qui ont été mis au point à la suite de ces projets dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018).

Les renseignements sur l’inscription et un ordre du jour préliminaire seront disponibles plus tard en novembre.

Nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous le 9 février!

Progrès scientifiques dans la production laitière biologique : Le panic érigé est une solution de rechange durable prometteuse pour la litière des vaches laitières

Un projet de recherche mené dans le cadre de la Grappe scientifique biologique et financé en partie par les Producteurs laitiers du Canada portait sur l’utilisation du panic érigé (Panicum virgatum) comme litière des vaches laitières. L’équipe de recherche dirigée par Renée Bergeron, Ph.D. (Université de Guelph) et des collaborateurs de l’Université de Guelph (Trevor DeVries, Ph.D.)  l’Université Laval (Doris Pellerin Ph.D., Anne Vanasse Ph.D., Anick Raby) et de l’Université McGill (Elsa Vasseur Ph.D., Philippe Séguin Ph.D., Tania Wolfe) ont constaté que le panic érigé serait une solution de rechange prometteuse à la paille de blé comme matériau de litière des vaches laitières. Les vaches ont préféré le panic érigé à la paille et il n’y a eu aucun effet négatif sur le confort et la propreté des vaches, ni aucune contamination de l’extrémité des trayons. Le panic érigé pourrait aussi représenter un choix économique avantageux pour certains producteurs laitiers.

L’équipe de recherche a évalué la préférence des vaches, les habitudes de couchage, la propreté des stalles et des vaches et la contamination bactérienne potentielle de l’extrémité des trayons. Ils ont également analysé l’impact économique du recours au panic érigé et les pratiques culturales optimales pour assurer le rendement et la qualité de la litière obtenue.

UnknownLe panic érigé (Panicum virgatum L.) est une graminée vivace à long terme à haut rendement qui se cultive sur des terres marginales (Sanderson et coll., 2006). Il est bien adapté à la culture dans les climats tempérés, résiste aux maladies et aux parasites, nécessite peu d’engrais et s’avère relativement peu coûteux à cultiver et à récolter (Frigon et coll. 2012).

Dans une première expérience, neuf vaches ont été logées individuellement dans des enclos de trois stalles ayant des surfaces de couchage différentes. Elles ont été soumises à un test de préférence à l’égard de trois types de litière : litière profonde de panic érigé haché, matelas couvert de panic érigé avec chaux (mélange de panic érigé haché, d’eau et de chaux de carbonate de magnésium – les fermes qui se servent de litière organique ajoutent souvent de la chaux afin de réduire la croissance bactérienne) et paille de blé sur tapis de caoutchouc (témoin). Les vaches avaient d’abord été exposées à des stalles munies de matelas couverts de bran de scie. Les temps de couchage ont été enregistrés et les vaches ont été filmées.

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Dans une seconde expérience, on a offert à 24 vaches en stabulation libre les 3 mêmes types de litière. Les chercheurs ont testé les effets des trois types de litière sur les habitudes de couchage, la propreté des vaches et la contamination bactérienne de l’extrémité des trayons. On a enregistré l’utilisation des stalles et on a exécuté des prélèvements à l’extrémité des trayons pour analyser la présence de bactéries (coliformes, Klebsiella spp. et Streptococcus spp.).

Les chercheurs ont constaté que lorsqu’elles avaient le choix, à accès égal, les vaches préféraient la litière de panic érigé comparativement aux deux autres types de litière. Ils ont également constaté que la litière de panic érigé et la litière profonde de panic érigé avec chaux se valaient au plan des habitudes de couchage et de la propreté des vaches, mais que le taux d’humidité plus élevé et les comptes de coliformes à l’extrémité des trayons associés à la litière de panic érigé avec chaux en faisaient une option moins souhaitable. Ils ont souligné qu’une étude à plus long terme s’imposait pour confirmer ce dernier constat.

Enfin, l’examen du temps de couchage, de la propreté, des blessures, des CCS et des bactéries présentes à l’extrémité des trayons a révélé que la paille de blé et le panic érigé se valaient au plan du confort et de la propreté.

 Récolte et utilisation du panic érigé

L’équipe de recherche a également étudié l’impact économique de l’utilisation du panic érigé comme matériau alternatif de litière et a établi les pratiques culturales permettant d’en optimiser le rendement et la conservation.

Le panic érigé a été cultivé, récolté et séché sur deux sites au Québec – à l’Université Laval et à l’Université McGill. Les expériences dans les champs ont démontré que les rendements étaient beaucoup plus élevés lorsque le panic érigé est récolté à l’automne plutôt qu’au printemps. Toutefois, la récolte du printemps a affiché un taux d’humidité moins élevé. La récolte avant ou après le premier gel à l’automne ne semble pas avoir eu d’effet sur la survie à l’hiver ni sur la repousse au printemps et l’efficacité du séchage a été plus élevée lorsque le panic érigé a été récolté avant le premier gel comparé à après le gel automnal. Cependant, la teneur en humidité finale du panic érigé est demeurée plus élevée avant que le gel comparé à après le gel.

Afin d’évaluer l’impact économique du recours au panic érigé comme matériau de litière, on a examiné 10 fermes laitières québécoises dans cinq régions de la province. Pour la plupart, c’était un choix avantageux au plan économique. Les producteurs ont signalé les rendements et la persistance parmi les avantages observés, en plus de citer le moins grand espace d’entreposage requis.

Messages à retenir :

  • Le panic érigé est une alternative prometteuse à la paille de blé comme matériau de litière pour les vaches laitières, pouvant être utilisée tant en litière profonde, qu’en substrat de couverture pour un matelas ou un tapis.

  • Il n’y a aucun effet négatif sur le confort ou la propreté des vaches, ni sur la contamination de l’extrémité des trayons, et le panic érigé est plus absorbant que la paille.

  • Le panic érigé pourrait s’avérer un choix économique avantageux comme matériau de litière pour les fermes laitières.

 

La génétique : Le filtrage vous aide-t-il vraiment à atteindre vos objectifs d’élevage?

Le texte qui suit est un extrait d’un article publié par Brian Van Doormaal et Lynsay Beavers du Réseau laitier canadien.

Certains producteurs ont adopté la stratégie visant à appliquer des valeurs minimales à un caractère ou plus pour filtrer les taureaux et identifier ceux à utiliser dans le troupeau. Une telle stratégie peut avoir un impact très important sur la sélection de taureaux qui en résulte, ce que souvent les producteurs ne considèrent pas.

La stratégie idéale permettant aux producteurs d’atteindre leurs objectifs d’élevage consiste d’abord à classer les taureaux en fonction de leur indice de sélection préféré. Une fois que les meilleurs taureaux pour cet indice sont identifiés, la deuxième étape consiste à déterminer la meilleure façon de les incorporer dans votre troupeau en évitant les accouplements qui entraînent un niveau trop élevé de consanguinité et/ou un risque plus grand qu’un taureau soit porteur d’un gène récessif indésirable comme le gène associé à la déficience en cholestérol.

Deux indices de sélection génétique nationaux, l’IPV et Pro$, ont un rôle essentiel à jouer. Le Réseau laitier canadien (CDN) et chaque association de race fournit les listes des meilleurs animaux… taureaux éprouvés, jeunes taureaux génomiques, vaches et génisses, classés selon leurs IPV et Pro$. Ces indices ont été élaborés et mis en œuvre dans le but de guider les producteurs canadiens dans l’établissement puis la réalisation de leurs objectifs d’élevage.

Au Canada, on encourage les producteurs à déterminer si c’est l’IPV ou Pro$ qui répond le mieux à l’ensemble de leurs besoins. Rappelons que Pro$ a été introduit en août 2015 en tant qu’indice basé sur le profit qui classe les taureaux et les vaches en fonction du profit net que leurs filles devraient réaliser pendant les six premiers années de leur vie. Comparativement à Pro$, les producteurs utilisant l’IPV comme leur principal indice de sélection peuvent s’attendre à un plus grand progrès génétique pour les caractères de conformation, mais à des gains plus lents pour les rendements en production, et les deux indices affichent une réponse prévue similaire pour la plupart des caractères fonctionnels.

Pour en savoir d’avantage, vous pouvez avoir accès à l’article complet ici.

Spécialistes canadiens en recherche laitière et en vulgarisation reconnus!

L’Ordre des agronomes du Québec a décerné des prix de reconnaissances à Hélène Lapierre Ph.D. (AAC), Steve Adam (Valacta) et Julie Baillargeon (Valacta) lors de son congrès annuel à Sherbrooke (Québec) les 21 et 22 septembre.

Ordre du Mérite agronomique

Unknown-1Hélène Lapierre Ph.D., AAC Centre de recherche et de développement de Sherbrooke

Comptant près de trente années d’expérience en recherche sur la vache laitière à Agriculture et Agroalimentaire Canada, Mme Lapierre a su contribuer de manière remarquable aux avancées agronomiques dans ce domaine. L’une de ses plus grandes réalisations a mené au développement des connaissances uniques sur l’utilisation de l’azote par la vache laitière. L’azote est important dans l’alimentation de la vache car il est l’élément de base des acides aminés, qui sont eux-mêmes les blocs constituant les protéines.

Les connaissances issues de ses travaux de recherche sont utilisées pour améliorer les modèles de formulation de ration alimentaire des vaches laitières. Ces nouvelles formulations, qui permettent de réduire la teneur en protéine des rations,  ont pour effet d’augmenter les revenus des exploitations laitières tout en diminuant les rejets de polluants dans l’environnement.

Les résultats de ses recherches ont notamment été publiés dans 136 articles originaux évalués par des pairs, 19 revues et chapitres de livre et 206 communications scientifiques présentées lors de congrès sous forme de présentations orales ou d’affiches.

Médaille de distinction agronomique

Steve Adam, Expert confort, comportement et bien-être, Valacta et 

Julie Baillargeon, Coordonnatrice des projets de recherche et du transfert technologique, Valacta

Une Médaille de distinction agronomique est remise à Steve Adam et Julie Baillargeon en reconnaissance de leur travail exceptionnel dans le cadre d’un projet touchant au bien-être des animaux. Le projet L’étable, source de confort est née du besoin de comprendre l’importance du confort des vaches laitières pour les producteurs laitiers et d’offrir à ces derniers des connaissances et des solutions pratiques à appliquer dans leur étable.

Ensemble, Steve Adam et Julie Baillargeon ont recensé, relu et vulgarisé les données des recherches les plus pertinentes et actuelles, dont la plupart provenaient de projets menés dans des fermes québécoises et canadiennes sous la Grappe de recherche laitière.

Les documents de la formation qui en a découlé a connu un succès phénoménal, ayant été consultés par des gens provenant de 26 pays. Au total, les vidéos de la formation cumulent près de 20 000 visionnements à ce jour. De plus, ils faisaient partie d’une équipe avec les Producteurs laitiers du Canada pour adapter le programme dans un format pour transférer les résultats aux producteurs laitiers canadiens. Six webinaires ont été créés (3 anglais et 3 français) pour transmettre l’information sur le bien-être à travers le pays.

Félicitations à nos collègues en recherche laitière et en transfert du savoir laitier pour leurs réalisations exceptionnelles!

 

Symposium 2017 nutrition et santé : Pour conjuguer la nutrition au féminin

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Le symposium des Producteurs laitiers du Canada intitulé Pour conjuguer la nutrition au féminin vise à examiner différents aspects de la santé des femmes. Des conférenciers de renom nous aideront à mieux comprendre :

  • les préjugés entourant le poids
  • le rôle des protéines chez les personnes plus âgées
  • la santé osseuse chez la femme à chaque étape de la vie
  • les besoins nutritionnels spécifiques des femmes actives

Pour consulter le programme et vous inscrire, visitez www.savoirlaitier.ca.

Les PLC adoptent une nouvelle Stratégie nationale pour la vulgarisation et le transfert des connaissances issues de la recherche

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Le 17 juillet 2017, le Conseil d’administration des PLC a adopté sa nouvelle Stratégie nationale pour la vulgarisation et le transfert des connaissances issues de la recherche en production laitière (cliquez sur le lien pour télécharger le document). Cette stratégie a pour objectif de faciliter la collaboration et la coordination, de maximiser l’efficacité du transfert des résultats de recherche et d’accroître l’innovation à la ferme. La Stratégie a été adoptée sur la recommandation du Conseil canadien de recherche laitière (un comité relevant du Conseil d’administration des PLC qui est composé de représentants des organisations laitières provinciales et de six membres du Conseil d’administration des PLC). La Stratégie entre immédiatement en vigueur.

Savoir laitier à portée de la main : documents de référence en ligne sur le bien-être animal et les bonnes pratiques environnementales

Documents de référence sur l’atténuation des gaz à effet de serre provenant des fermes laitières grâce aux pratiques culturales, à l’alimentation et aux bonnes pratiques de gestion du fumier

Ces publications sont fondées sur les résultats d’une étude de cinq ans menée par Claudia Wagner-Riddle, Ph.D., de l’Université de Guelph, et ses collaborateurs dans le cadre du programme de lutte contre les gaz à effet de serre d’AAC. Le contenu met l’accent sur les pratiques recommandées qui peuvent contribuer à l’atténuation des gaz à effet de serre. Les pratiques proposées ont été validées par un groupe d’experts scientifiques canadiens œuvrant dans le secteur laitier et l’environnement, et incluant des études financées par les PLC dans le cadre de la Grappe de recherche laitière. Cliquer sur un titre ci-dessous pour télécharger le document.

Pour obtenir des exemplaires imprimés, communiquez avec shelley.crabtree@dairyresearch.ca.

Documents de référence sur la boiterie, l’état de chair et les blessures aux jarrets, au cou et aux genoux

 

Trois documents de référence sur la boiterie, l’état de chair et les blessures aux jarrets, au cou et aux genoux ont été distribués à plus de 6 000 producteurs laitiers au cours des six derniers mois comme matériel de ressource en préparation de la validation du volet bien-être animale de proAction débutant à l’automne 2017. Ce matériel a été élaboré de concert avec des agents de vulgarisation, des scientifiques et des experts proAction, et les informations sont fondées sur des conclusions scientifiques issues de travaux financés par les PLC et leurs partenaires de la Grappe de recherche laitière. Cliquer sur un titre ci-dessous pour télécharger le document.

Pour obtenir des exemplaires imprimés, communiquez avec shelley.crabtree@dairyresearch.ca.

Les systèmes de traite automatisée : comment la boiterie peut nuire à la production laitière du troupeau et ce que vous pouvez y faire

feedingpackLe recours aux systèmes de traite automatisée (STA) a augmenté dans l’industrie laitière au cours des dernières années, au fur et à mesure que les producteurs investissent dans de nouvelles technologies et dans la construction de nouvelles étables. D’après Statistique Canada, en 2015, sept pour cent de toutes les fermes laitières canadiennes utilisaient un mode de traite automatisée. Comme pour tout nouveau système, il y a des avantages et des défis à relever.

Dans un récent projet de recherche s’intéressant à la boiterie sur les fermes pratiquant la traite automatisée (projet financé par la Grappe de recherche laitière 2) dirigé par l’étudiante au doctorat Meagan King sous la supervision de Trevor DeVries, Ph.D., à l’Université de Guelph, l’équipe a constaté qu’un des défis des troupeaux en traite automatisée était l’identification des vaches légèrement boiteuses. La boiterie a des répercussions sur l’ensemble du troupeau, et non seulement au niveau de la vache individuellement. De fait, une hausse de la prévalence de la boiterie dans le troupeau réduit la production d’ensemble.

Dans le cadre de la recherche, 41 fermes robotisées ont été étudiées et on a recueilli des données sur la régie, la conception des étables et la prévalence de la boiterie. Les chercheurs ont ensuite examiné les facteurs de risque de boiterie au niveau du troupeau et au niveau des vaches, de même que des facteurs relatifs à la productivité, à l’efficacité et au comportement des vaches.

Ils ont recueilli des données en rendant visite à 26 fermes en Ontario et à 15 fermes en Alberta. Ils ont interrogé les producteurs de chaque ferme au sujet de la gestion des aliments, du fumier et de la litière. Les chercheurs ont consigné des détails concernant l’aménagement des étables et la densité animale relativement à l’espace des mangeoires, la disponibilité de stalles de couchage et le nombre de robots sur chaque ferme. Ils ont également évalué la démarche d’un échantillon représentatif de vaches de chaque ferme sur une échelle de 1 à 5 (1 ne présentant aucune boiterie et 5 présentant une boiterie extrême).

Les résultats clés

La prévalence accrue de boiteries graves est associée à une réduction de la production laitière par vache et par robot de traite. Les chercheurs ont constaté qu’en moyenne, moins de 2 % des vaches évaluées affichaient une boiterie grave (≥4 sur 5). Toutefois, ils ont aussi constaté qu’en moyenne, 26 % des vaches évaluées affichaient une boiterie allant de modérée à grave (≥3 sur 5). La majorité des vaches boiteuses observées présentaient une boiterie modérée, i.e. de 3 sur 5.

Les chercheurs ont également constaté que dans le contexte de traite automatisée, il fallait aller chercher les vaches présentant une boiterie légère mais tout de même perceptible 2,2 fois plus souvent, qu’elles passaient au robot 0,3 fois moins par jour et qu’elles produisaient 1,6 kg/jour moins de lait que les vaches sans boiterie. Les travaux de recherche nous portent à croire que les producteurs savent comment identifier et traiter les cas de boiterie grave au sein de leur troupeau. L’équipe a cependant aussi constaté que les producteurs éprouvaient davantage de difficulté à repérer les cas de boiterie allant de légère à modérée (qui représentent les cas ‘à surveiller’ d’après le programme d’évaluation du bien-être animal proAction).

La gestion du fumier a un effet significatif sur la prévalence de la boiterie observée à la ferme : les étables où le fumier est raclé plus fréquemment des allées affichent une prévalence inférieure de boiterie modérée et un taux inférieur de vaches à aller chercher pour la traite. Des planchers plus propres améliorent la mobilité des vaches, facteur important lorsque les vaches se dirigent vers un robot pour se faire traire puis retournent vers leur logette ou l’aire d’alimentation.

La densité de logement a aussi un effet sur la production et la boiterie à la ferme : une plus grande densité par stalle est associée à une prévalence supérieure de boiterie grave et à un nombre supérieur de vaches que le producteur doit aller chercher pour la traite. Bien qu’une densité de logement plus élevée soit associée à une production accrue par robot de traite, cela s’accompagne d’une fréquence de traite par vache inférieure.

Les vaches présentant un moins bon état de chair et les vaches de plus grande parité étaient plus susceptibles d’avoir une boiterie. Ce constat est cohérent avec d’autres travaux de recherche : les vaches maigres ont aussi le coussinet plantaire des sabots aminci, ce qui les prédispose à des causes mécaniques de boiterie (c.-à-d. des ulcères de la sole).

RECOMMANDATIONS

  • Ces constats nous portent à croire que les producteurs devraient surveiller, gérer et traiter la boiterie précocement pour améliorer le bien-être animal et empêcher les pertes de production dans un contexte de traite automatisée, tout comme pour les autres types d’étables et de stabulation. Pour ce faire, il est possible d’obtenir de la formation voulue en évaluation de la démarche des vaches afin de pouvoir identifier les cas de boiterie légère et prendre les mesures correctives pertinentes. Les producteurs devraient aussi connaître l’état de chair de leurs vaches car les vaches plus maigres peuvent manifester davantage de problèmes sous-jacents qui devraient être examinés.

 

  • Enfin, on recommande aux producteurs qui utilise la traite automatisée de veiller à la propreté des planchers afin de procurer aux vaches une surface adéquate sur laquelle elles peuvent se déplacer pour aller au robot de traite et revenir, en plus de prévoir un espace de repos propre, confortable, bien garni de litière et qui soit de taille suffisante pour maximiser le confort et le potentiel de production des animaux, en plus de prévenir la boiterie.

Ressources et liens :

https://www.dairyresearch.ca/francais/cow-comfort.php

http://www.journalofdairyscience.org/article/S0022-0302(17)30330-2/abstract

http://www.journalofdairyscience.org/article/S0022-0302(16)30591-4/fulltext

 Meagan King est candidate au doctorat au Département des biosciences animales de l’Université de Guelph. Emilie Belage est diplômée de maîtrise du Département de médecine des populations à l’Université de Guelph et étudiante en médecine vétérinaire à l’Université Michigan State.

Pierre Lampron élu président des PLC

UnknownDes élections à la présidence des PLC ont eu lieu à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle tenue à Edmonton les 18 et 19 juillet. Wally Smith a occupé la présidence pendant le maximum permis de trois mandats. Après le vote des délégués, Pierre Lampron est devenu le nouveau président des PLC. Il a été élu pour un mandat de deux ans. Par ailleurs, le nouveau Comité exécutif est composé de David Wiens (Manitoba), Reint-Jan Dykstra (Nouveau-Brunswick), Ralph Dietrich (Ontario) et Bruno Letendre (Québec). Toutes nos félicitations à Pierre Lampron et aux membres du nouveau Comité exécutif!