Fiches techniques sur l’environnement pour les producteurs

Trois fiches techniques sur les meilleures pratiques de gestion du bétail, du fumier et des cultures pour atténuer les gaz à effet de serre ont été mises à jour et sont maintenant accessibles à recherchelaitiere.ca. Ces fiches incluent les principaux résultats de la mise à jour de l’analyse du cycle de vie de la production laitière des Producteurs laitiers du Canada (PLC).

Les documents illustrent comment l’adoption accrue de meilleures pratiques a contribué à réduire l’empreinte carbone de la production laitière de 7,3 % en cinq ans.

Les fiches techniques incluent les résultats issus d’un projet de recherche à grande échelle intitulé « Farm-scale Assessment of Greenhouse Gas Mitigation Strategies in Dairy Livestock-Cropping-Systems », financé dans le cadre du Programme de lutte contre les gaz à effet de serre en agriculture (PLGESA) d’AAC de même que les résultats d’études sur la durabilité des fermes menées dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2.

Pratiques de gestion du bétail
Télécharger
Pratiques de gestion des cultures
Télécharger
Pratiques de gestion du fumier
Télécharger

La consommation de produits laitiers est associée à un risque plus faible de mortalité, d’événements cardiovasculaires et de diabète de type 2

shutterstock_722701990En 2019, une équipe de chercheurs a démontré que la consommation de produits laitiers, particulièrement de produits laitiers à pleine teneur en gras, était associée à un risque plus faible de mortalité et d’événements cardiovasculaires majeurs au sein d’une population multinationale diversifiée. L’étude PURE est une étude de cohorte multinationale à grande échelle menée dans 21 pays auprès de personnes âgées de 35 à 70 ans. Elle a fait le suivi de l’apport alimentaire, entre autres de la consommation de lait, de yogourt et de fromage, de 138 484 personnes au fil du temps, ainsi que de la mortalité et des événements cardiovasculaires majeurs totaux (c.-à-d. les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus du myocarde). Les chercheurs ont évalué toutes les associations entre la consommation de produits laitiers totaux et de produits laitiers spécifiques et la mortalité et les événements cardiovasculaires.

De nouvelles données issues de l’étude PURE et publiées dans une revue  scientifique en mai 2020 portaient sur l’association entre la consommation de produits laitiers (totale, à pleine teneur en gras et à faible teneur en gras) et la prévalence de syndrome métabolique et l’incidence de l’hypertension et du diabète de type 2. Les données ont révélé ce qui suit :

  • Une consommation plus élevée (au moins deux portions par jour comparativement à aucune consommation) de produits laitiers totaux était associée à une prévalence plus faible de syndrome métabolique.
  • Un apport plus élevé de produits laitiers à faible teneur en gras consommés seuls ou de pair avec des produits laitiers à faible teneur en gras était associée à une prévalence plus faible de syndrome métabolique. Les produits laitiers à faible teneur en gras consommés seuls n’étaient pas associés au syndrome métabolique.
  • Une consommation plus élevée de produits laitiers totaux était associée à une plus faible incidence d’hypertension.
  • En ce qui concerne le diabète, une consommation plus élevée de produits laitiers, tant à pleine teneur en gras et qu’à faible teneur en gras, était associée à une réduction du risque.

L’étude PURE est principalement financée par le Population Health Research Institute (PHRI) de même que par plusieurs agences gouvernementales et compagnies pharmaceutiques. L’étude intitulée La consommation de produits laitiers et les maladies cardiovasculaires au sein de diverses populations (2018-2019) dirigée par le Dr Andrew Mente de l’Université McMaster a été co-financée par les Producteurs laitiers du Canada (par l’intermédiaire du Programme de subvention à la recherche en nutrition) et le National Dairy Council (États-Unis).

Des podomètres installés sur les vaches laitières peuvent contribuer à une meilleure fertilité

Une recherche ayant eu recours à des moniteurs d’activité automatisés révèle une corrélation entre l’intensité de la manifestation des chaleurs et les gestations par insémination.

Par Augusto M.L. Madureira, Tracy A. Burnett, Janet W. Bauer, Ronaldo L.A. Cerri (Université de la Colombie-Britannique)

La détection des chaleurs chez les vaches laitières est l’un des plus grands enjeux de l’industrie. En effet, les pertes liées à une incapacité de détecter les chaleurs sont estimées à 300 millions de dollars dans l’industrie laitière américaine¹. Ces pertes sont entre autres dues à une prolongation des intervalles entre les vêlages et à un plus grand nombre de jours ouverts, à une réduction de la production de lait et à une augmentation des coûts vétérinaires.

Une équipe de recherche dirigée par le Dr Ronaldo Cerri de l’University of British Columbia a étudié comment les données recueillies par des moniteurs d’activité automatisés (MAA) pourraient être utilisées efficacement pour détecter le comportement œstral en vue de maximiser les chances de gestation. Les résultats d’un programme de recherche national, mené par le Dr Cerri dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2 et intitulé Solutions durables pour améliorer la détection des chaleurs et l’efficacité de la reproduction chez les vaches laitières, ont montré qu’un programme de reproduction qui accorde la priorité à la détection des chaleurs peut être aussi efficace que certains protocoles d’insémination artificielle à temps prédéterminé.

Le rôle des moniteurs d’activité automatisés dans la détection des chaleurs

CerriAMA
Augusto Madureira, Ph. D., qui installe un moniteur d’activité automatisé sur une génisse au UBC Dairy Education and Research Centre situé à Agassiz, en Colombie-Britannique.

On utilise normalement l’observation des comportements de monte comme moyen de référence pour la détection des chaleurs, mais la fréquence de ces activités de monte a diminué au fil du temps. C’est pour cette raison que la hausse de l’activité physique, un indicateur secondaire de la manifestation des chaleurs (œstrus) chez les vaches laitières, est maintenant considérée. Des moniteurs d’activité automatisés (MAA) ont été utilisés pour détecter les vaches en chaleur de manière fiable.

Les accéléromètres et les podomètres sont les MAA les plus couramment utilisés dans l’industrie laitière. De façon générale, la plupart des MAA utilisent le même concept pour générer des alertes lors des chaleurs ou lorsqu’un élément lié à la santé est détecté. Par exemple, dans le cas des accéléromètres, le moniteur utilisera un algorithme pour calculer un indice d’activité physique en combinant les données mesurées par l’accéléromètre 3D. Une moyenne mobile de l’activité physique est ensuite calculée afin d’avoir une mesure de référence pour chaque animal, et cette mesure de référence est ensuite utilisée pour calculer la hausse ou la baisse relative de l’activité à une période donnée de la journée. Dans le cas des alertes lors des chaleurs, la hausse relative de l’activité physique doit atteindre un seuil défini pour chaque système de MAA.

La hausse de l’activité lors des chaleurs et de la gestation par insémination artificielle (IA)

Dans une étude, l’utilisation de moniteurs d’activité automatisés a démontré une forte corrélation entre la hausse relative de l’activité lors des chaleurs et la gestation par insémination artificielle. Les animaux dont l’activité était plus intense lors des chaleurs présentaient un taux de gestation par IA plus élevé d’environ 12 points de pourcentage (sur la base du modèle d’analyse), soit une amélioration de la fertilité de plus de 30 %, comparativement aux animaux dont le niveau d’activité était plus faible. Cette étude incluait des animaux dont les chaleurs étaient spontanées. Cependant, même avec l’utilisation d’un protocole d’IA à temps prédéterminé qui induisait l’ovulation et conséquemment les chaleurs, le niveau d’activité physique était similaire lors des chaleurs (figure 1). Les chercheurs ont également observé une corrélation entre les mortalités embryonnaires de 31 à 60 jours après la saillie (figure 2) et la manifestation des chaleurs. Les vaches dont la hausse de l’activité physique était plus faible étaient plus susceptibles d’avoir un taux plus faible de gestation par IA et un taux plus élevé de mortalité embryonnaire.

Figure 1. Distribution des gestations par IA (%) pour tous les événements d’insémination selon la hausse relative de l’activité au moment de l’IA à temps prédéterminé détectée par un moniteur d’activité automatisé

Figure1fran_Cerri

Figure 2. Distribution des mortalités embryonnaires (%) selon la hausse relative de l’activité au moment de l’IA à temps prédéterminé détectée par un moniteur d’activité automatisé

Figure2fran_Cerri

Cette étude a été la première à rapporter une association entre l’intensité de l’activité lors des chaleurs avec la fertilité et la mortalité embryonnaire. Les animaux dont la manifestation des chaleurs était plus intense avaient un taux plus élevé de gestation par insémination artificielle et un taux plus faible de mortalité embryonnaire. Les résultats constituent de nouvelles preuves que la mesure de la manifestation des chaleurs (c.-à-d. lors des chaleurs spontanées ou de l’IA à temps prédéterminé), par exemple la mesure de l’activité physique, pourrait être un prédicteur fiable de la fertilité et être utilisée comme outil pour aider les producteurs laitiers dans leur prise de décisions relatives aux stratégies de reproduction à la ferme.

Les chercheurs ont également conclu que des recherches additionnelles sont nécessaires pour mieux comprendre et interpréter les données des MAA et optimiser les décisions liées à la reproduction.

_______________________________________________

¹https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7814743

 

Nouvelle fiche technique pour les producteurs : Tarissement des vaches laitières de réforme en période de forte production et en situation d’urgence

Les producteurs peuvent télécharger une nouvelle fiche technique intitulée : Tarissement des vaches laitières de réforme en période de forte production et en situation d’urgence. Le document a été préparé par des experts scientifiques du Réseau mammite sous la direction du Dr Trevor DeVries (University of Guelph) en collaboration avec des conseillers techniques, des vétérinaires et des membres du Comité technique sur le bien-être animal de proActionMD.

La fiche technique fournit des indications à tous les producteurs laitiers sur les procédures de tarissement appropriées pour les vaches laitières de façon générale, mais aussi en situation d’urgence. Il est important d’appliquer des procédures de tarissement appropriées pour les vaches laitières en lactation afin de maintenir les normes élevées de l’industrie laitière canadienne en matière de bien-être animal. Des procédures de tarissement d’urgence peuvent être nécessaires dans des situations telles qu’un accident à la ferme ou une interruption rapide et imprévue de la demande de lait nécessitant une réduction rapide de la production laitière (p. ex. les perturbations à la chaîne d’approvisionnement ayant découlé de la pandémie de COVID-19). En toutes circonstances, l’application des procédures permet aux producteurs de s’assurer de maintenir la santé et le bien-être des animaux et de se conformer à la récente mise à jour de la réglementation fédérale (2020) pour le transport des bovins laitiers.

Des copies plastifiées pouvant être affichées dans les étables seront bientôt disponibles auprès des représentants de proAction en bien-être animal dans chaque province.