Célébrer l’excellence en recherche laitière avant le temps des fêtes!

À l’approche de la saison des fêtes, nous souhaitons profiter de cette occasion pour reconnaître la contribution des chercheurs canadiens et de leurs équipes en 2019. Notamment, plusieurs chercheurs travaillant sur des projets financés par les Producteurs laitiers du Canada ont été récompensés pour leur excellence en recherche laitière pour l’avancement des découvertes scientifiques visant à améliorer la productivité, la durabilité, la santé et le bien-être des vaches laitières ainsi que les connaissances sur les bienfaits santé du lait et des produits laitiers.

Un article de Drs Chaouki Benchaar, Édith Charbonneau et Doris Pellerin a été sélectionné parmi les choix du rédacteur en chef de la Revue canadienne de science animale en 2019

L’article « Development of an equation to estimate the enteric methane emissions from Holstein dairy cows in Canada »[Développement d’une équation pour estimer les émissions de méthane entérique des vaches laitières Holstein au Canada], publié en mai 2019 par Chaouki Benchaar, chercheur scientifique au Centre de recherche et de développement de Sherbrooke, Édith Charbonneau, professeure à l’Université Laval, Doris Pellerin, professeur à l’Université Laval et leurs coauteurs, a été sélectionné parmi les choix du rédacteur en chef de la Revue canadienne de science animale en décembre 2019. Le choix du rédacteur en chef met en lumière les articles de très grande qualité et d’actualité.

L’article porte sur les méthodologies pour développer et valider une équation plus précise pour prédire les émissions de méthane entérique des vaches laitières nourries selon un régime alimentaire typique dans des conditions canadiennes. Il s’agit d’un résultat clé du projet de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018) intitulé Atténuation des émissions de méthane d’origine entérique chez les vaches laitières et impact sur les émissions lors de l’entrepose du fumier : combler les lacunes en matière de connaissances. Les conclusions ont permis :

  • d’améliorer la précision du calcul des inventaires nationaux des émissions de méthane entérique des vaches laitières au Canada d’Environnement et Changement climatique Canada;
  • d’améliorer la précision du calcul des inventaires des émissions de méthane entérique des vaches laitières du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC);
  • de recueillir des données scientifiques démontrant que les vaches canadiennes émettent moins de méthane que ce qui avait été précédemment rapporté par les organisations nationales et internationales qui mesurent les émissions de GES des pays.

Un article des Drs Hassan Vatanparast et Susan Whiting a été sélectionné parmi les choix du rédacteur en chef de la revue Physiologie appliquée, nutrition et métabolisme (PANM) en 2019

L’article « Type 2 diabetes prevalence among Canadian adults – dietary habits and sociodemographic risk factors » [Prévalence du diabète de type 2 chez les adultes canadiens – habitudes alimentaires et facteurs de risque sociodémographiques] publié en août 2019 par Hassan Vatanparast, professeur, et Susan Whiting, professeure émérite, Université de la Saskatchewan, et leur étudiante au doctorat Zeinab Hosseini a été sélectionné parmi les choix du rédacteur en chef de la revue PANM. L’article porte sur les résultats de leur étude visant à déterminer la prévalence du diabète de type 2 diagnostiqué et non diagnostiqué, et du prédiabète chez les adultes canadiens, et à évaluer si les personnes ayant un diagnostic de diabète ont des apports alimentaires différents par rapport aux autres groupes au moyen des données des cycles 1 et 2 de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. Cet article est basé sur les données de leur projet de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018) intitulé L’association entre les apports alimentaires et le risque cardiovasculaire des Canadiens à l’aide des cycles 1 et 2 de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. Leur projet a permis de générer des nouvelles connaissances en lien avec l’alimentation et d’importants troubles de santé en fournissant des données canadiennes qui indiquent que des régimes alimentaires comprenant des produits laitiers peuvent réduire le risque de syndrome métabolique, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.

Unknown-4DPierre Lacasse reçoit une bourse de recherche de la Société canadienne de science animale (SCSA)

La bourse de la SCSA a été remise à Pierre Lacasse, chercheur scientifique au Centre de recherche et de développement de Sherbrooke, pour sa contribution exceptionnelle dans le domaine de l’agriculture animale. Son travail a permis de comprendre les processus biologiques responsables de la lactation et de la résistance immunitaire, de concevoir des outils et des méthodologies pour améliorer la santé, le bien-être et la longévité des vaches laitières ainsi que d’améliorer la qualité du lait.

Pierre Lacasse est chercheur au sein du Réseau mammite depuis plusieurs années, et a entre autres participé à des projets dans les trois Grappes de recherche laitière (Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait; Réseau mammite : poursuivre l’avancement en qualité du lait au Canada).

Il a également dirigé un projet dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2, Gestion des vaches laitières pour la prochaine génération, lequel a mené aux résultats suivants :

  • développement de données de base permettant d’explorer la biologie de la persistance de la lactation;
  • identification de biomarqueurs dans 12 gènes significativement associés à la persistance de la lactation, fournissant ainsi de l’information pour permettre la sélection de vaches et de taureaux ayant une persistance de lactation plus élevée;
  • conclusion selon laquelle l’augmentation de la fréquence de traite à 3 fois par jour après le pic de lactation aide à maintenir des niveaux de production laitière suffisamment élevés pour permettre une lactation prolongée qui serait rentable.

T DeVries 2019Le Dr Trevor DeVries reçoit le prix d’innovation technique visant l’amélioration de la production d’aliments salubres et abordables

Ce prix de la Société canadienne de science animale salue l’excellence en innovation technique et en enseignement, et met particulièrement l’accent sur les domaines de la biotechnologie, de la génétique, de la physiologie et du comportement animal. Les résultats des recherches de Trevor DeVries, professeur à l’Université de Guelph, ont mené à des innovations et à des solutions pratiques pour améliorer la gestion de l’alimentation, le logement et le bien-être des veaux, des génisses de remplacement et des vaches laitières. Il est actuellement le chercheur principal du projet de la Grappe de recherche laitière 3 (2018-2022) intitulé Optimiser la santé et la production des vaches en système de traite automatisé et a collaboré au projet de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018) intitulé Systèmes de traite automatisés (STA) : les facteurs touchant la santé, la productivité et le bien-être des animaux. Les recherches qu’il a menées dans le cadre de la Grappe 2 ont fourni des informations impartiales importantes sur la traite et l’activité des vaches pour aider à identifier les vaches prédisposées à la maladie, à la boiterie ou à une mauvaise adaptation au STA ou celles déjà affectées par ces problèmes.

Unknown-5Le Dr Stephen LeBlanc fait partie de la liste des chercheurs les plus souvent cités du Web of Science Group pour 2019

Pour une deuxième année consécutive, Stephen LeBlanc, professeur à l’Université de Guelph, fait partie du 1 % des chercheurs les plus souvent cités dans leur domaine. Stephen LeBlanc étudie la santé et la performance des vaches laitières, particulièrement la santé reproductive et métabolique. Ses recherches visent à améliorer la reproduction du bétail grâce à la prévention et au traitement des maladies et à l’élaboration de programmes de gestion de la reproduction. Il collabore actuellement au projet de la Grappe de recherche laitière 3 intitulé Accélérer les gains génétiques pour de nouveaux caractères chez les vaches Holstein canadiennes et a collaboré au projet de la Grappe de recherche laitière 2, Solutions durables pour améliorer la détection des chaleurs et l’efficacité de la reproduction chez les vaches laitières. Les résultats de la Grappe 2 révèlent que prioriser la détection des chaleurs dans un programme de reproduction peut être aussi efficace que certains programmes actuels de protocoles d’insémination artificielle à temps prédéterminé.

Unknown-6Dre Sylvie Turgeon reçoit le diplôme de Docteur Honoris Causa d’Agrocampus Ouest, France 

Agrocampus Ouest (Institut national supérieur des sciences agronomiques, agroalimentaires, horticoles et du paysage, France) a décerné à Sylvie Turgeon, professeure, Université Laval, un doctorat honoris causa, la plus haute distinction remise par l’institution, le 16 décembre dernier. Le titre universitaire Docteur Honoris Causa honore des personnalités de nationalité étrangère, scientifiques de premier plan international et ayant avec l’établissement un lien fort.  Sylvie Turgeon a collaboré au projet de la Grappe de recherche laitière 2, L’effet des produits laitiers nouveaux et existants sur la satiété, l’apport alimentaire et le contrôle métabolique (glycémie) sur les jeunes adultes et les adultes âgés, et est actuellement chercheur collaborateur dans les projets de la Grappe de recherche laitière 3, Comprendre la contribution de la microflore et de la composition du lait pendant l’affinage du fromage et Rôle des produits laitiers sur le poids corporel et la santé métabolique chez les familles.

Ces chercheurs se joignent à d’autres qui ont été primés en 2019, notamment les Drs David Kelton et Todd Duffield (Université de Guelph), Herman Barkema et Karin Orsel (Université de Calgary), pour l’excellence de leurs réalisations en recherche laitière! Lisez l’article de leurs réalisations dans le bloguerecherchelaitiere.ca.

Luzerne plus sucrée pour améliorer la production de lait et la durabilité des fermes laitières

La vache laitière, en tant que ruminant, a la capacité unique de transformer les fourrages, qui ne peuvent être digérés par l’humain, en un aliment nutritif de grande valeur : le lait. Une équipe multidisciplinaire de chercheurs de partout au Canada travaillent sur l’amélioration des fourrages, et plus précisément de la luzerne, dans le but d’accroître l’efficacité de la production du lait et la durabilité des fermes laitières.

« Notre objectif global est d’accroître la valeur nutritionnelle de la luzerne, son rendement et sa persistance grâce à la sélection génétique et à la gestion des cultures », a déclaré Dre Claessens, chercheuse scientifique au Centre de recherche et de développement de Québec d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et chercheuse principale responsable d’un nouveau projet de la Grappe de recherche laitière 3 intitulé Accroître la production et l’utilisation de fourrages à base de luzerne au Canada. « Nous avons recours à la génétique pour identifier et sélectionner les caractères dans les populations de luzerne qui apportent un meilleur ratio énergie/protéine afin d’obtenir une valeur nutritionnelle plus élevée dans les fourrages à base de luzerne donnés aux vaches laitières. Nous sélectionnons également les caractères associés à un rendement plus élevé, à la persistance dans le temps et à la résistance aux maladies », a ajouté Dre Claessens.

Les plants de luzerne à différents stades d’essai. Crédit de photo: Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherche et de développement de Québec.

Dre Claessens, qui est également copropriétaire de la ferme laitière Phylum au Québec, comprend bien l’importance de produire des fourrages de qualité pour les vaches laitières. L’alimentation est le premier poste de dépense d’une ferme laitière¹, et les fourrages représentent environ de 50 % à 60 % de la ration alimentaire servie aux vaches. Bien que la sélection et l’amélioration génétique des fourrages demandent du temps – de 10 à 20 ans pour commercialiser de nouveaux cultivars – le retour sur l’investissement peut être considérable². En effet, selon une étude économique de l’Université du Nevada³, il a été estimé que l’utilisation d’un nouveau cultivar de luzerne au rendement amélioré de 5 % procurerait un retour sur l’investissement d’environ 43 %, ce qui démontre l’avantage économique potentiel de l’amélioration des fourrages sur les fermes laitières.

Les vaches nourries de fourrages plus riches en sucre utilisent plus efficacement l’azote et ont une production de lait plus élevée. Les recherches menées antérieurement par l’équipe du Dre Claessens dans le cadre d’un projet financé par la Grappe de recherche laitière 2 de 2013-2018 ont permis d’identifier 26 gènes associés à la concentration en sucre dans la luzerne, de développer deux populations de luzerne ayant des concentrations en sucre plus élevées et d’associer différentes pratiques de régie culturale, favorisant un ratio énergie/protéine plus élevé.

L’équipe tire parti des résultats du projet de la Grappe 2 pour sélectionner le matériel végétal ayant une concentration plus élevée en sucre, afin d’accélérer le développement de cultivars possédant ce caractère et poursuivre les évaluations au champ. Les populations sont semées sur des parcelles de recherche partout au Canada (Alberta, Saskatchewan, Québec) afin de les soumettre à différentes conditions de climat et de sol, puis leur rendement et leur persistance sont mesurés.

Dans les laboratoires, les chercheurs de l’équipe analysent la valeur nutritionnelle des plantes à différents stades de récolte dans des conditions variables. « Nous allons tester les populations afin d’identifier les pratiques de régie culturale qui permettent d’optimiser l’équilibre entre les glucides rapidement fermentescibles et les protéines non dégradables, en utilisant différents mélanges de fourrages à base de luzerne. Nous examinerons ensuite les effets de la valeur nutritionnelle sur la synthèse des protéines microbiennes in vitro dans le rumen », a indiqué le Dr Gaëtan Tremblay, chercheur scientifique et membre de l’équipe au Centre de recherche et de développement de Québec.

Lorsque le projet sera terminé, les producteurs laitiers peuvent s’attendre à ce que les données et le matériel génétique issus des essais d’évaluation de la luzerne menés partout au Canada soient mis à la disposition des sélectionneurs de plantes fourragères canadiens afin qu’ils sélectionnent des populations expérimentales et possiblement qu’ils commercialisent de nouveaux cultivars améliorés. Ultimement, la disponibilité de nouveaux cultivars de luzerne permettra d’augmenter la production de lait fourrager et d’améliorer l’utilisation de la protéine, et donc, de réduire la dépendance aux concentrés et les rejets azotés … des impacts économiques et environnementaux non négligeables!

Un sommaire du nouveau projet de recherche de Dre Claessens est accessible en ligne à recherchelaitiere.ca. La sélection et la gestion des fourrages en vue d’en améliorer le rendement, la résistance, la conservation, la qualité et la digestibilité constituent une priorité de recherche et d’investissement de la Stratégie nationale de recherche laitière des Producteurs laitiers du Canada.

Le projet en bref

  • Échéancier : 2018-2022
  • Budget : 1 124 970 $
  • Partenaires financiers : Agriculture et Agroalimentaire Canada et les Producteurs laitiers du Canada
  • Nombre d’étudiants qui seront formés : 4 étudiants des cycles supérieurs et >25 étudiants de 1ercycle

 L’équipe de recherche

CHERCHEURS ORGANISATION RÔLES
Chercheuse principale (CP)
Annie Claessens AAC – Québec Responsable de la génétique et de la sélection des fourrages, de la coordination des activités des chercheurs et de la formation et la supervision des étudiants.
Co-chercheurs et collaborateurs
Bill Biligetu (Co-CP) University of Saskatchewan Génétique et sélection des fourrages; formation et supervision des étudiants.
Patrice Audy, Gilles Bélanger, Annick Bertrand, Julie Lajeunesse, Solen Rocher, Marie-Noëlle Thivierge, Gaëtan Tremblay AAC – Québec et Normandin Génétique moléculaire des cultures fourragères; évaluation de la valeur nutritive des aliments pour animaux; agronomie et physiologie des cultures; pathologie, physiologie et biochimie des fourrages; agroclimatologie et modélisation des agroécosystèmes; essai dans les champs; formation et supervision des étudiants.
Shabtai Bittman, Derek Hunt AAC – Agassiz Gestion des éléments nutritifs dans les systèmes agricoles; biologie végétale; essai dans les champs.
Surya Acharya AAC – Lethbridge Sélection des fourrages.
Édith Charbonneau, Caroline Halde Université Laval Nutrition des vaches laitières (fourrages); agroécologie; formation et supervision des étudiants.
Ralph Martin University of Guelph Agronomie des fourrages; essai dans les champs.
Kathleen Glover, Yousef Papadopoulos AAC – Kentville Agronomie des fourrages; sélection des fourrages; essai dans les champs.
Daniel Ouellet AAC – Sherbrooke Métabolisme de l’azote et nutrition des bovins laitiers; formation et supervision des étudiants.
Philippe Seguin Université McGill Gestion, physiologie et écologie des cultures de grande production; formation et supervision des étudiants.
Vern Baron AAC – Lacombe Agronomie des fourrages et du pâturage et physiologie des cultures.
Mike Schellenberg AAC – Swift Current Écologie des plantes fourragères et du pâturage.
Charles Brummer University of California Génétique et sélection des fourrages.
Josef Hakl University of Czech Republic Agronomie et valeur nutritive des fourrages.
Huguette Martel Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec Culture fourragère et agroenvironnement.

¹https://www.milk.org/Corporate/pdf/Publications-ODFAPReport.pdf

²https://www.beefresearch.ca/research-topic.cfm/breeding-forage-varieties-13

³Kettle et coll. Investing in new varieties of alfalfa: does-it pay? Fact Sheet 99-31. University of Nevada.

 

Des scientifiques présentent leurs projets de recherche au Symposium sur les bovins laitiers

 

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Le kiosque sur la recherche laitière des Producteurs laitiers du Canada était présent au Symposium sur les bovins laitiers à Drummondville, au Québec, le 29 octobre 2019, afin de fournir de l’information sur les nouveaux projets de la Grappe de recherche laitière 3 ainsi que distribuer des fiches techniques sur les bains de pieds, l’utilisation et la qualité de l’eau. Plus de 500 producteurs et professionnels du secteur laitier ont participé à ce symposium d’une journée.

Trois chercheurs ayant des projets de recherche financés par les Producteurs laitiers du Canada dans le cadre de la Grappe de recherche laitière et de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers ont présenté les résultats de leurs projets.

Unknown.jpegDr Benoît Lamarche, chercheur et responsable de l’Unité d’investigation nutritionnelle clinique à l’Université Laval, a fait une conférence sur l’impact de la consommation de produits laitiers sur la santé. Il a présenté des données scientifiques selon lesquelles la consommation de produits laitiers n’entraîne pas de problèmes de santé et que certains produits laitiers pourraient avoir des effets favorables sur la santé (c’est-à-dire en remplaçant d’autres aliments ou en contribuant à l’apport en certains éléments nutritifs). Il a conclu en affirmant que les recommandations actuelles à propos des produits laitiers à teneur réduite en gras devraient être reconsidérées. Sa présentation incluait des résultats de recherche issus de son projet sur la consommation de produits laitiers et la santé cardiovasculaire mené dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2.

Unknown-2Dre Annie Claessens, chercheuse au centre de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Québec, a informé les participants des premiers résultats issus de son projet visant à accroître la production et l’utilisation de fourrages à base de luzerne au Canada. Le développement de cultivars de luzerne plus nutritifs et persistants grâce à la sélection et à l’amélioration génétique s’avère un processus long et complexe, mais constitue une avenue prometteuse pour augmenter la production de lait fourrager, permettre une meilleure utilisation de la protéine, et donc, de réduire la dépendance aux concentrés et diminuer les rejets azotés… des impacts économiques et environnementaux non négligeables!

elsa_vasseur_109-1465408337-1575199832460.jpgDre Elsa Vasseur, titulaire de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers à l’Université McGill, a informé les participants sur comment rendre la base de stalle plus confortable. L’utilisation d’un garde-litière pour maintenir une plus grande profondeur de litière semble être une solution raisonnable et applicable pour les fermes en stabulation entravée. Une telle mesure pourrait être utile pour les producteurs souhaitant augmenter le confort et le temps de repos de leurs vaches, tout en les préservant mieux des blessures corporelles. Dre Vasseur a également présenté l’impact du premier cas de mammite ou de boiterie sur la longévité et la rentabilité des vaches primipares.

Nouvelle vidéo disponible sur la gestion de la litière pour améliorer le confort des animaux

Une nouvelle vidéo produite par Novalait explique comment les producteurs laitiers de la Ferme René Dupuis inc., au Québec, ont mis en application avec succès des résultats de recherche pour améliorer le confort des vaches dans leur ferme. L’ajout d’un garde-litière aide les producteurs à réduire les blessures et à améliorer le confort de leur troupeau. Les changements ont été apportés à la suite de recommandations fondées sur des données scientifiques découlant de la recherche menée dans le cadre de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers. La chaire est financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Novalait, les Producteurs laitiers du Canada et Lactanet.

10 ans de sélection génomique : et ensuite?

{Le texte suivant est un extrait d’un article écrit par Brian Van Doormaal, chef des services, Lactanet}

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C’est il y a dix ans, en août 2009, que les évaluations génomiques ont été publiées officiellement pour la première fois au Canada. Depuis, le secteur laitier a vécu un taux de croissance annuel sans précédent du mérite génétique moyen des jeunes taureaux admis en insémination artificielle (I.A.) partout en Amérique du Nord, qui excède maintenant 120 points d’IPV et 200 $ Pro$ par année. Avec cette constante impulsion, d’une année à l’autre, du matériel génétique des jeunes taureaux génomiques offerts par l’entremise des compagnies d’I.A., ces taureaux représentent maintenant les deux tiers de la part totale du marché de la semence au Canada.

La Figure 1 illustre très clairement l’impact de la génomique sur le taux constant de gain génétique annuel. Avant la génomique, le gain annuel était de 46 points d’IPV et de 79 $ Pro$ par année, et a soudainement changé après 2009. Au cours des cinq dernières années, le taux moyen de gain génétique a augmenté de l’ordre de 2,2, atteignant 102 points d’IPV et 180 $ Pro$ chaque année. Les lignes pointillées depuis 2009 dans la Figure 1 reflètent le progrès génétique prévu qui aurait été atteint à la fois pour l’IPV et Pro$ chez les animaux Holstein canadiens si l’avènement de la génomique n’avait pas eu lieu.

Figure 1 : Taux de progrès génétique réalisé chez les animaux Holstein avec la génomique

La génomique offre une occasion sans précédent d’atteindre des objectifs de sélection en vue d’obtenir des caractères à plus faible héritabilité même s’ils ont des corrélations génétiques négatives avec des caractères à héritabilité modérée ou plus élevée. La Figure 2 démontre l’impact que la génomique a eu sur le progrès génétique réalisé dans les caractères individuels. Le premier point clé à considérer est que le gain génétique positif est maintenant réalisé pour tous les principaux caractères de production et de conformation et les caractères fonctionnels, en plus de Pro$ et de l’IPV et ses trois composants. Avant la génomique, en plus de perdre du terrain pour la Fertilité des filles, la Persistance de lactation, le Tempérament de traite et le composant Santé et Fertilité de l’IPV, très peu de progrès génétique était accompli pour les autres caractères, dont les différentielles de Gras et de Protéine, la Vitesse de traite, l’Aptitude des filles au vêlage et la Résistance aux maladies métaboliques. Pour les onze autres caractères illustrés à la Figure 2, le taux moyen de gain génétique réalisé a augmenté du double.

Figure 2 : Gain génétique réalisé chez les animaux Holstein canadiens au cours des cinq dernières années par rapport aux cinq années précédant l’introduction de la génomique

 À quoi ressemblera l’avenir de la sélection génétique?

Il va sans dire que nous en sommes encore à la pointe de l’iceberg lorsqu’il s’agit de l’incidence que la génomique et le génotypage d’ADN auront ultimement dans l’industrie des bovins laitiers. Compte tenu de l’expérience acquise avec la sélection génomique au cours des dix dernières années, si on regarde vers l’avenir dans une boule de cristal, on peut s’attendre à voir ce qui suit au cours des dix prochaines années :

  • L’introduction d’une vaste gamme de nouveaux caractères d’importance économique et sociale, dont la plupart n’ont même pas encore été envisagés par les producteurs laitiers
  • L’utilisation accrue de semence sexée, de fertilisation in vitro et d’autres techniques de reproduction avancées, ce qui favorise aussi l’utilisation accrue de semence de boucherie pour inséminer des vaches laitières
  • L’utilisation de génotypes d’ADN en vue de stratégies de sélection améliorées qui équilibrent le gain génétique et le maintien de la diversité génétique, incluant l’utilisation de programmes d’accouplement basés sur les génomes
  • Une restructuration et une consolidation importantes du secteur de l’I.A., menant à une poignée de compagnies d’élevage plus grandes et multinationales
  • D’importants avantages à valeur ajoutée découlant du génotypage d’ADN, incluant la découverte et la consignation automatisées de la parenté ainsi que la traçabilité des animaux laitiers et des produits alimentaires.