L’impact des produits laitiers sur le poids et la composition corporelle des enfants et des adolescents

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Un projet de recherche mené récemment dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2 a révélé que les enfants et les adolescents qui consomment des produits laitiers sont plus susceptibles d’avoir un phénotype mince. La Dre Hope Weiler de l’Université McGill et son équipe ont réalisé une méta-analyse (une analyse statistique de plusieurs études existantes) de 17 études contrôlées randomisées regroupant des enfants et des adolescents de 6 à 18 ans. Il s’agit d’ailleurs de la première méta-analyse à résumer les résultats d’études contrôlées randomisées portant sur les effets de la consommation de lait et de produits laitiers sur le poids et la composition corporelle des enfants et des adolescents.

Leur analyse a démontré que la consommation de lait et de produits laitiers se traduisait par une augmentation de la masse maigre et par un gain plus faible de pourcentage de gras corporel. Ils ont conclu que les enfants et les adolescents qui consomment du lait et des produits laitiers sont plus susceptibles de présenter un « phénotype mince ».

Les résultats fournissent des données scientifiques de très grande qualité qui appuient l’impact bénéfique des produits laitiers sur le poids et la composition corporelle.

Les résultats publiés sont accessibles ici : https://academic.oup.com/advances/article-abstract/10/2/250/5370011utm_campaign=511018_20190515__NutriNews_Weight_Children&utm_medium=email&utm_source=Nutri_News-All_Users

Principales conclusions de la Chaire de recherche industrielle en maladies infectieuses des bovins laitiers

Les résultats d’une chaire de recherche industrielle quinquennale du CRSNG en maladies infectieuses des bovins laitiers, dirigé par le Dr Herman Barkema de l’Université de Calgary, aideront les producteurs à améliorer la gestion de la santé des bovins laitiers afin de prévenir, gérer et traiter la paratuberculose et la mammite, pour un secteur laitier plus rentable et durable. La Chaire est financée en partenariat avec des organisations du secteur laitier et les Producteurs laitiers du Canada.

La mammite et la paratuberculose sont des maladies coûteuses pour le secteur laitier qui ont un impact sur la santé animale et la rentabilité des fermes. L’impact économique de la mammite dans les troupeaux canadiens est évalué à 665 millions $[i] par année au Canada, et celui de la paratuberculose, à 90 millions $.

 Quelques résultats clésimage006.png

  • Les expériences ont révélé que chaque veau infecté par Mycobacterium avium sous-espèce paratuberculosis (MAP) infectait en moyenne environ 3 veaux non infectés du même enclos chez les veaux logés en groupe. De plus, les veaux excrétaient MAP dans leurs fèces au cours des premiers mois de leur vie, s’exposant ainsi et exposant potentiellement les autres à des infections précoces. La transmission veau à veau de la paratuberculose doit être un enjeu prioritaire et devrait faire partie des futurs programmes de contrôle visant l’évaluation et le dépistage précoces de MAP.
  • De meilleures communications et échanges entre un producteur et son vétérinaire ont augmenté la probabilité que les producteurs adoptent des pratiques de gestion et des programmes de contrôle, non seulement pour la paratuberculose, mais pour d’autres maladies présentes dans les fermes laitières.
  • Une meilleure compréhension des espèces de staphylocoques non aureus (SNA), le groupe de bactéries le plus couramment isolé de la glande mammaire des bovins, et d’autres espèces de bactéries présentes en production laitière, pourrait mener à la découverte de bactériocines ayant le potentiel de contrôler la mammite à aureus.
  • Identification et mise à l’essai d’une méthode pour mieux consigner et quantifier l’utilisation des antimicrobiens – une méthode pouvant être appliquée dans le cadre de futurs programmes de surveillance.

Une Chaire de recherche offre la possibilité d’engager un nouveau chercheur dans le domaine laitier 

DrEduardo Cobo a été recruté pour le poste de professeur adjoint à l’University of Calgary dans le cadre de cette Chaire. Il est un immunologiste vétérinaire et étudie les alternatives aux antimicrobiens. Le DrCobo étudiera le rôle de l’immunologie dans la mammite bovine, l’infection à MAP et la dermatite digitale.

UnknownLe Dr Herman Barkema est professeur d’épidémiologie des maladies infectieuses à la faculté de médecine vétérinaire de l’University of Calgary et titulaire de la Chaire de recherche industrielle du CRSNG en maladies infectieuses des bovins laitiers, avec une nomination conjointe au Département Community Health Sciences de la Cumming School of Medicine. Il est également professeur invité à la Ghent University, en Belgique, et expert étranger à la China Agricultural University à Pékin. Le programme de recherche du Dr Barkema est axé sur la prévention et le contrôle des maladies dans les troupeaux de bovins, y compris la résistance aux antimicrobiens. Il a publié plus de 300 manuscrits scientifiques et a donné des conférences partout dans le monde.

[i]Mahjoob Aghamohammadi, Denis Haine, David F. Kelton, Herman W. BarkemaHenk Hogeveen, Gregory P. Keefe and Simon Dufour. “Herd-Level Mastitis-Associated Costs on Canadian Dairy Farms”. Frontiers in Veterinary Science (May 2018)14;5:100.https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29868620.

 

 

Est-ce que « le phénotype est roi » dans cette ère de la génomique?

{Le texte qui suit est un extrait d’un article de transfert préparé par le Réseau laitier canadien intitulé, « Valeur de la classification pour la conformation dans l’ère de la génomique » publié le 30 avril 2019. Pour un accès à l’article au complet, cliquez ici : https://www.cdn.ca/francais/document.php?id=524}

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De nombreux chercheurs partout dans le monde ont déclaré que « le phénotype est roi! » dans cette ère de la génomique. Qu’est-ce que cela signifie concrètement? Au Canada, ce sujet a suscité de récentes discussions, particulièrement en ce qui concerne la valeur des données de classification pour la conformation. Au Réseau laitier canadien (CDN), nous avons examiné de plus près les principales questions posées par les éleveurs pour être en mesure de préciser la valeur des génotypes par rapport aux phénotypes (données de performance) dans le contexte actuel de la sélection des bovins laitiers.

Si la classification de la mère d’un taureau a si peu d’impact sur la précision de l’évaluation génomique de son fils, pourquoi la classification pour la conformation est-elle importante? Pourquoi les chercheurs soutiennent-ils que le « phénotype est roi? ».

On peut répondre à cette question de deux façons.

Premièrement, de façon générale, la précision de tout système d’évaluation génomique dépend de la collecte continue de données de bonne qualité (phénotypes) sur une base continue. Même après l’élaboration et la mise en place d’un système d’évaluation génomique, de telles données phénotypiques sont requises d’une année à l’autre pour que les prédictions génomiques demeurent pertinentes.

La deuxième raison de la collecte de phénotypes est plus spécifique au troupeau de chaque éleveur. Chaque génisse née à la ferme débute avec une Moyenne des parents représentant la première estimation de son potentiel génétique. Cette estimation du mérite génétique d’un animal sert d’indicateur de ceux dont le niveau de performance devrait être le plus élevé dans le troupeau en lactation. Après la naissance, il y a deux façons d’améliorer la précision de cette première estimation. En soumettant une génisse au génotypage, sa Moyenne des parents (MP) peut être remplacée par sa Moyenne des parents génomique (MPG). Toutefois, au cours de sa vie, la mesure de la propre performance de chaque animal contribue aussi à estimer son mérite génétique, qu’il ait été génotypé ou non. Par exemple, faire classifier tous les animaux en première lactation dans votre troupeau entraîne des changements dans leur indice en Conformation puisqu’ils passent d’une Moyenne des parents (MP) à une Valeur d’élevage estimée (VÉE). La Figure ci-dessous indique la distribution des changements qui se produisent en Conformation lorsqu’une génisse MP devient VÉE après avoir été classifiée en première lactation. La moitié de toutes les génisses subissent un changement d’au moins 1 point à la hausse ou à la baisse une fois qu’elles ont été classifiées, et certaines obtiennent jusqu’à ±8 points dans leur évaluation génétique en Conformation. Le fait de classifier les vaches de votre propre troupeau reclassera vos vaches et vos familles de vaches, ce qui peut avoir une incidence importante sur vos décisions de remplacement et d’élimination de génisses.

Distribution du changement dans l’indice en Conformation en ajoutant la propre classification d’un animal (sans la génomique)

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Comme prévu, si les génisses sont génotypées et si la MP est remplacée par une MPG, l’ajout de leur phénotype de classification en première lactation a alors moins d’impact que la distribution indiquée à la Figure. Cela étant dit, il y a encore 20 % des génisses qui subissent un changement dans leur indice en Conformation qui se chiffre à 2 points ou plus.

La génomique a changé beaucoup de choses associées aux schémas de sélection des bovins laitiers. La génétique offerte par les compagnies d’insémination artificielle par le biais de leurs jeunes taureaux génomiques a atteint des sommets incroyables entraînant (a) un accent sur la réduction des intervalles entre les générations, (b) le doublement de la part de marché de la semence occupée par les jeunes taureaux et (c) plus du double du taux annuel de progrès génétique. Ces changements importants ont aussi mené à la diminution de l’information complète disponible dans les généalogies des jeunes taureaux par rapport aux décennies précédentes, notamment les données de performance des mères de taureaux. Même si cette tendance est indésirable du point de vue de l’intégralité de la généalogie pour les filles résultantes, l’impact sur la précision des décisions de sélection est mineur. D’autre part, les propriétaires de troupeaux doivent comprendre les avantages et la valeur de la poursuite de la collecte de données de performance, comme la production et la classification, pour leur troupeau en lactation. Ces données servent à valider et/ou à améliorer les prédictions des évaluations génétiques utilisées pour prendre d’importantes décisions en matière de sélection et d’accouplement.