Nouvelles données sur l’empreinte en eau de la production laitière

image003Le scientifique d’Agriculture et Agroalimentaire Canada Andrew VanderZaag, Ph. D., et ses collaborateurs de l’Université de Guelph, du MAAARO, de la Livestock Research Innovation Corporation et de l’Université Wilfrid-Laurier ont mesuré l’utilisation de l’eau dans des fermes de l’Ontario. Leur objectif était de calculer l’empreinte en eau de la production laitière et de cibler des options pratiques et économiques pour réduire l’utilisation de l’eau en vue d’une meilleure durabilité. Le projet a bénéficié d’un investissement par les producteurs ciblant la production laitière durable en vertu de la Grappe de recherche laitière 2 (2013-2018).

L’évaluation de l’empreinte en eau de la production laitière est une nouvelle façon de mesurer la quantité d’eau utilisée par litre de lait produit. Il s’agit d’un outil de développement durable utilisé pour comparer les rendements et aider les producteurs à quantifier les impacts de leurs actions en vue d’améliorer la préservation et la conservation de l’eau.

La conservation de l’eau aide non seulement les producteurs à améliorer la durabilité des fermes, mais profite également aux opérations des fermes laitières en permettant de :

  • Réduire la quantité d’électricité utilisée – parce que moins d’eau est pompée et chauffée pour le lavage;
  • Réduire les coûts du traitement de l’eau – selon la qualité de l’eau, il peut s’agir d’un facteur important;
  • Réduire les coûts du carburant – parce que réduire la quantité d’eau dans l’entreposage du fumier signifie un volume moindre à transporter de l’entreposage vers les champs pour l’épandage.

L’utilisation de l’eau

L’équipe de M. VanderZaag a mesuré l’utilisation de l’eau dans différentes fermes laitières de l’Ontario (stabulation entravée, stabulation libre et traite automatisée) et a testé de nouvelles méthodes de préservation de la qualité de l’eau.

Ils ont découvert que la quantité d’eau moyenne utilisée par jour pour le nettoyage du système de traite était de :

  • ~75 litres/jour/vache[i]pour un système de traite automatisée
  • ~30 litres/jour/vache pour la traite en stabulation entravée
  • ~21 litres/jour/vache pour une salle de traite en stabulation libre

L’équipe a également observé ce qui suit :

  • Les systèmes de traite automatisée utilisent plus d’eau par vache que les salles de traite et les systèmes de traite en stabulation entravée;
  • La consommation d’eau potable est étroitement corrélée avec la température ambiante maximale – ainsi, en minimisant le stress thermique, on peut réduire l’empreinte en eau du lait en diminuant la demande en eau et en augmentant la production laitière;
  • Les fuites d’eau à la ferme peuvent mener à d’importants gaspillages;
  • Les fuites d’eau peuvent être minimisées aux abreuvoirs en prévenant les débordements dus à un mauvais contrôle des flotteurs et des niveaux dans les réservoirs;
  • La réutilisation de l’eau peut contribuer à réduire la consommation d’eau – par exemple l’eau des refroidisseurs à plaques peut être complètement récupérée;
  • Une étude de cas menée dans deux fermes (l’une à stabulation libre et l’autre à stabulation entravée) a révélé que l’empreinte en eau se situe dans une plage de 4 à 7 litres d’eau par litre de lait produit.

Les pertes en eau et en éléments nutritifs 

VanderZaag et ses collaborateurs ont également mesuré à l’aide d’instruments sophistiqués les pertes en eau et en éléments nutritifs pendant plusieurs années dans des sites d’étude près d’Ottawa. Leur but était de mesurer les pertes d’eau dans l’air, dans les systèmes de drainage par canalisation et dans le traitement des effluents associés à la laiterie, et en fonction du moment de l’épandage du fumier. L’équipe a utilisé des modèles fondés sur les mesures afin d’évaluer, d’une part, l’effet de divers scénarios de gestion agricole sur l’empreinte en eau et, d’autre part, diverses options pour réduire cette empreinte.

Voici quelques-unes de leurs conclusions :

  • À l’échelle de l’ensemble de la ferme, plus de 99 % des pertes en eau engendrées par la production laitière proviennent des cultures et du pâturage, et le reste, de la consommation des bovins;
  • L’épandage du fumier au printemps réduit le lessivage de l’azote, comparativement à un épandage à l’automne;
  • Le fractionnement de l’épandage à deux moments distincts, à savoir lors de la plantation et lors de l’épandage entre les rangs, peut accroître davantage l’efficacité de l’azote si le taux d’épandage est ajusté selon les besoins des cultures;
  • L’épandage au printemps (avant la plantation, ou fractionné entre avant et après la levée) était bénéfique, peu importe le taux d’épandage d’azote;
  • L’accroissement de la luzerne dans les rotations a entraîné une diminution du niveau de pollution de l’eau et du lessivage du nitrate, et une réduction du lessivage d’azote par unité de rendement de l’azote, mais le rendement global a légèrement diminué.

Comment conserver l’eau et en préserver la qualité – NOUVEAUX feuillets d’information disponibles!

Deux nouveaux feuillets d’information produits par les Producteurs laitiers du Canada en consultation avec M. VanderZaag sont maintenant offerts afin d’aider les producteurs à accroître l’efficacité de leur ferme en matière d’utilisation de l’eau dans le cadre du programme proAction et de continuer à améliorer la durabilité dans leur ferme. Pour une copie des fiches, visitez la page suivante : RechercheLaitiere.ca.

 

« Si toutes les exploitations laitières du Canada réduisaient leur utilisation d’eau à l’étable de 1 %, environ 500 millions de litres d’eau seraient économisés chaque année », a expliqué M. VanderZaag.

 Messages à retenir :

  1. L’eau des refroidisseurs à plaques peut être récupérée et réutilisée (regardez la vidéo dans laquelle le producteur laitier Robin Flewwelling explique l’aménagement qu’il a réalisé pour récupérer et réutiliser l’eau des refroidisseurs à plaques);image002.jpg
  2. Les protocoles de nettoyage peuvent être optimisés, particulièrement pour les systèmes robotisés, afin de conserver l’eau;
  3. Le maintien d’un environnement frais pour les vaches en été peut entraîner une économie d’eau – la réduction du stress thermique est bénéfique pour les animaux et réduit leur consommation d’eau;
  4. Les fuites d’eau aux abreuvoirs peuvent être minimisées en prévenant les débordements dus à un mauvais contrôle des flotteurs et des niveaux dans les réservoirs.

[i]* Dans les systèmes de traite automatisée standards, la conservation de l’eau n’est habituellement pas le principal objectif (p. ex. nombre de cycles de lavage, préparation des trayons, système de chasse, lavage des sabots et du plancher).

 

Santé intestinale : un voyage intérieur

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Voici les faits saillants de l’édition 2018 du Symposium sur la nutrition et la santé présenté par les diététistes des Producteurs laitiers du Canada

Lors du symposium de 2018, des experts reconnus ont fait la lumière sur plusieurs sujets chauds en lien avec la santé intestinale, entre autres :

  • Comment le microbiote intestinal affecte la santé globale
  • Quand et comment appliquer la diète *FODMAP
  • Comment le yogourt peut favoriser la santé cardiométabolique
  • Stratégies pour gérer l’intolérance au lactose

*L’acronyme FODMAP réfère à : Fermentable, Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides et Polyols. On retrouve naturellement des FODMAP dans une grande variété d’aliments comme les fructanes, y compris les fructooligosaccharides (FOS) (artichaut, ail, oignons, blé et seigle), les galactooligosaccharides (GOS) (légumineuses), le lactose (dans le lait), le fructose en excès par rapport au glucose (poires, pommes et miel) et les sucres de type polyol (fruits à noyau, certains légumes et édulcorants artificiels). Source : www.savoirlaitier.ca

Karen Madsen, Ph. D., a fait une présentation sur le microbiome intestinal et son rôle dans la santé. Les humains ont évolué en même temps qu’un grand nombre de microorganismes qui exercent une profonde influence sur tous les aspects de notre santé et de notre bien-être. Une dysbiose, c’est-à-dire une modification de l’équilibre du microbiote intestinal, est associée à un large éventail de problèmes de santé, entre autres : les maladies inflammatoires de l’intestin, le syndrome de l’intestin irritable, les maladies auto-immunes, le cancer, les maladies cardiovasculaires et l’obésité. Nous savons maintenant que l’alimentation joue un rôle clé dans la composition du microbiome intestinal et qu’un changement à l’alimentation peut modifier considérablement la composition et le métabolisme du microbiote.

Lire le résumé de cette présentation ou visionner sa webdiffusion ici.

 Jane Muir, Ph. D., qui fait partie des personnes à avoir mis au point la diète FODMAP, a souligné comment les diététistes peuvent utiliser cette diète dans leur pratique, en veillant à ce que les patients adoptent une approche en 3 étapes et n’excluent pas de groupes alimentaires essentiels. Par exemple, la phase initiale de la diète, c’est-à-dire la diète à faible teneur en FODMAP, devrait seulement durer de 2 à 6 semaines et devrait être suivie d’une phase de réintroduction visant à cibler toute sensibilité individuelle et à trouver un bon équilibre entre la maîtrise des symptômes et l’élargissement de la diète. Il est important de réintroduire les aliments afin d’améliorer la variété, l’apport en nutriments et l’inclusion sociale, et parce que certains FODMAP sont des prébiotiques1.

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 André Marette, Ph. D., a parlé des données associées au yogourt et à la santé cardiométabolique. Des données convaincantes issues de multiples méta-analyses démontrent de façon constante une association inverse entre la consommation de yogourt et le risque de diabète de type 22.Des études suggèrent également que la consommation de yogourt pourrait contribuer au maintien d’un poids santé3. Les peptides bioactifs libérés au cours de la fermentation pourraient expliquer certains des effets bénéfiques de la consommation de yogourt sur la santé cardiométabolique de par leur rôle dans le microbiote intestinal.

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 Susan Barr, Ph. D., a présenté des données sur la prévalence de l’intolérance au lactose au Canada de même que des stratégies pour la gérer. L’intolérance au lactose, qu’elle soit réelle ou perçue, constitue un problème de santé potentiel pour de nombreux Canadiens. Environ 16 à 21 % des adultes au Canada se croient intolérants au lactose4,5. Or, cette situation peut entraîner l’exclusion des produits laitiers, ce qui peut faire en sorte qu’il soit plus difficile de répondre à ses besoins en calcium et en d’autres nutriments clés (même en prenant des boissons substituts et des suppléments). Les autorités en matière de santé conseillent aux personnes intolérantes au lactose de ne pas exclure les produits laitiers de leur alimentation. À cet égard, les professionnels de la santé peuvent collaborer étroitement avec leurs clients pour veiller à ce que les produits laitiers ne soient pas inutilement évités en misant sur des stratégies pratiques pour gérer l’intolérance au lactose.

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RÉFÉRENCES

  1. Tuck C et Barrett J. Re-challenging FODMAPs: the low FODMAP diet phase 2. J Gastroenterol Hepatol 2017;32:11-15.
  2. Drouin-Chartier JP et coll. Systematic review of the association between dairy product consumption and risk of cardiovascular-related clinical outcomes. Adv Nutr2016;7:1026-1040.
  3. Fernandez MA et coll. Yogurt and cardiometabolic diseases: a critical review of potential mechanisms. Adv Nutr2017;8:812-829.
  4. Barr SI. Perceived lactose intolerance in adult Canadians: a national survey. Appl Physiol Nutr Metab 2013;38:830-835.
  5. Dairy Farmers of Canada Nutrition Tracking. 2018.