Progrès scientifiques dans la production laitière biologique : Le panic érigé est une solution de rechange durable prometteuse pour la litière des vaches laitières

Un projet de recherche mené dans le cadre de la Grappe scientifique biologique et financé en partie par les Producteurs laitiers du Canada portait sur l’utilisation du panic érigé (Panicum virgatum) comme litière des vaches laitières. L’équipe de recherche dirigée par Renée Bergeron, Ph.D. (Université de Guelph) et des collaborateurs de l’Université de Guelph (Trevor DeVries, Ph.D.)  l’Université Laval (Doris Pellerin Ph.D., Anne Vanasse Ph.D., Anick Raby) et de l’Université McGill (Elsa Vasseur Ph.D., Philippe Séguin Ph.D., Tania Wolfe) ont constaté que le panic érigé serait une solution de rechange prometteuse à la paille de blé comme matériau de litière des vaches laitières. Les vaches ont préféré le panic érigé à la paille et il n’y a eu aucun effet négatif sur le confort et la propreté des vaches, ni aucune contamination de l’extrémité des trayons. Le panic érigé pourrait aussi représenter un choix économique avantageux pour certains producteurs laitiers.

L’équipe de recherche a évalué la préférence des vaches, les habitudes de couchage, la propreté des stalles et des vaches et la contamination bactérienne potentielle de l’extrémité des trayons. Ils ont également analysé l’impact économique du recours au panic érigé et les pratiques culturales optimales pour assurer le rendement et la qualité de la litière obtenue.

UnknownLe panic érigé (Panicum virgatum L.) est une graminée vivace à long terme à haut rendement qui se cultive sur des terres marginales (Sanderson et coll., 2006). Il est bien adapté à la culture dans les climats tempérés, résiste aux maladies et aux parasites, nécessite peu d’engrais et s’avère relativement peu coûteux à cultiver et à récolter (Frigon et coll. 2012).

Dans une première expérience, neuf vaches ont été logées individuellement dans des enclos de trois stalles ayant des surfaces de couchage différentes. Elles ont été soumises à un test de préférence à l’égard de trois types de litière : litière profonde de panic érigé haché, matelas couvert de panic érigé avec chaux (mélange de panic érigé haché, d’eau et de chaux de carbonate de magnésium – les fermes qui se servent de litière organique ajoutent souvent de la chaux afin de réduire la croissance bactérienne) et paille de blé sur tapis de caoutchouc (témoin). Les vaches avaient d’abord été exposées à des stalles munies de matelas couverts de bran de scie. Les temps de couchage ont été enregistrés et les vaches ont été filmées.

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Dans une seconde expérience, on a offert à 24 vaches en stabulation libre les 3 mêmes types de litière. Les chercheurs ont testé les effets des trois types de litière sur les habitudes de couchage, la propreté des vaches et la contamination bactérienne de l’extrémité des trayons. On a enregistré l’utilisation des stalles et on a exécuté des prélèvements à l’extrémité des trayons pour analyser la présence de bactéries (coliformes, Klebsiella spp. et Streptococcus spp.).

Les chercheurs ont constaté que lorsqu’elles avaient le choix, à accès égal, les vaches préféraient la litière de panic érigé comparativement aux deux autres types de litière. Ils ont également constaté que la litière de panic érigé et la litière profonde de panic érigé avec chaux se valaient au plan des habitudes de couchage et de la propreté des vaches, mais que le taux d’humidité plus élevé et les comptes de coliformes à l’extrémité des trayons associés à la litière de panic érigé avec chaux en faisaient une option moins souhaitable. Ils ont souligné qu’une étude à plus long terme s’imposait pour confirmer ce dernier constat.

Enfin, l’examen du temps de couchage, de la propreté, des blessures, des CCS et des bactéries présentes à l’extrémité des trayons a révélé que la paille de blé et le panic érigé se valaient au plan du confort et de la propreté.

 Récolte et utilisation du panic érigé

L’équipe de recherche a également étudié l’impact économique de l’utilisation du panic érigé comme matériau alternatif de litière et a établi les pratiques culturales permettant d’en optimiser le rendement et la conservation.

Le panic érigé a été cultivé, récolté et séché sur deux sites au Québec – à l’Université Laval et à l’Université McGill. Les expériences dans les champs ont démontré que les rendements étaient beaucoup plus élevés lorsque le panic érigé est récolté à l’automne plutôt qu’au printemps. Toutefois, la récolte du printemps a affiché un taux d’humidité moins élevé. La récolte avant ou après le premier gel à l’automne ne semble pas avoir eu d’effet sur la survie à l’hiver ni sur la repousse au printemps et l’efficacité du séchage a été plus élevée lorsque le panic érigé a été récolté avant le premier gel comparé à après le gel automnal. Cependant, la teneur en humidité finale du panic érigé est demeurée plus élevée avant que le gel comparé à après le gel.

Afin d’évaluer l’impact économique du recours au panic érigé comme matériau de litière, on a examiné 10 fermes laitières québécoises dans cinq régions de la province. Pour la plupart, c’était un choix avantageux au plan économique. Les producteurs ont signalé les rendements et la persistance parmi les avantages observés, en plus de citer le moins grand espace d’entreposage requis.

Messages à retenir :

  • Le panic érigé est une alternative prometteuse à la paille de blé comme matériau de litière pour les vaches laitières, pouvant être utilisée tant en litière profonde, qu’en substrat de couverture pour un matelas ou un tapis.

  • Il n’y a aucun effet négatif sur le confort ou la propreté des vaches, ni sur la contamination de l’extrémité des trayons, et le panic érigé est plus absorbant que la paille.

  • Le panic érigé pourrait s’avérer un choix économique avantageux comme matériau de litière pour les fermes laitières.

 

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