Chaire sur la vie durable des bovins laitiers

De plus d’un an, Elsa Vasseur est la titulaire de la chaire sur la vie durable des bovins laitiers. Novalait a produit une nouvelle capsule sur le programme de recherche de la chaire et les travaux en cours pour les producteurs laitiers canadiens. Cliquez sur le lien suivant pour visualiser la capsule maintenant : Elsa Vasseur – Chaire sur la vie durable des bovins laitiers.

 

Elsa_Novalaitvideo_fre

Investissement : L’investissement total des partenaires dans cette recherche est de plus de 1,6 million de dollars sur cinq ans. Les partenaires sont le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Novalait, l’Université McGill, Les Producteurs laitiers du Canada et Valacta.

Thèmes de recherche : Sur le thème du confort et de la gestion des vaches, la recherche traitera des systèmes de stabulation entravée (étant donné leur popularité actuelle) et examinera les solutions pour faire la transition vers les systèmes de stabulation libre pour les producteurs laitiers qui souhaitent envisager cette option. Tous les éléments seront abordés sous l’angle du confort et de la gestion des animaux. De plus, chaque domaine sera évalué en fonction des retombées économiques potentielles.

Le thème de la longévité des vaches évaluera l’impact économique des facteurs de risque propres à la longévité des vaches en lien avec la gestion, le logement, et le confort et la santé des vaches. Il portera aussi sur le profit à vie à l’échelle de la vache individuelle et du troupeau, et visera à créer des outils d’aide à la décision pour améliorer la gestion globale de la ferme, les profits et le bien-être et la longévité des vaches, particulièrement en évaluant i) la rentabilité à vie, ii) l’élevage des animaux et ii) le dépistage précoce des indicateurs de longévité.

L’objectif de la recherche menée dans le cadre du thème environnement et société est de commencer à comprendre, à anticiper et à prévenir les conflits potentiels et à trouver des solutions qui amélioreraient tant le bien-être que la longévité des vaches (p. ex. pratiques clés et systèmes de gestion ciblés dans les thèmes de recherche 1 et 2), mais qui pourraient contrebalancer la durabilité globale de la ferme et du système agricole en nuisant à l’impact environnemental et à l’acceptabilité sociale.

Systèmes de traite automatisée : les facteurs touchant la santé, la productivité et le bien-être des animaux

feeding4

L’adoption des systèmes de traite automatisée (STA) s’accélère à travers le Canada. Selon Ed Pajor, titulaire de la bourse Anderson-Chisholm en soins et en bien-être animal à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Calgary, « les producteurs de lait canadiens veulent savoir à quoi s’attendre s’ils font la transition vers un STA. »

Grâce au financement obtenu auprès de la Grappe de recherche laitière, M. Pajor, l’étudiante diplômée qu’il dirige, Mme Christine Tse, et leurs collaborateurs ont mené un sondage auprès de 200 producteurs de lait dans huit provinces canadiennes afin de documenter leurs perceptions sur l’effet qu’a eu le passage d’un système de traite classique à un STA sur le logement des animaux, la gestion de la ferme et la santé des vaches.

En moyenne, les producteurs de lait ont terminé la transition vers un STA 30 mois avant la tenue du sondage, avec 51 vaches en lactation par robot de traite et deux robots de traite par ferme. Presque tous les producteurs interrogés (81 %) signalent une hausse du rendement laitier avec une qualité de lait pratiquement inchangée après être passés à un STA. Afin de permettre le passage au STA, plus de la moitié (55 %) des producteurs ont érigé une nouvelle étable et 47 % d’entre eux disent avoir changé de système de stabulation.

Dans la majorité des cas, les pratiques de nettoyage et d’alimentation sont demeurées inchangées. La grande majorité d’entre eux (80 %) sont d’avis que le STA faisait en sorte qu’il était plus facile de déceler les maladies et la boiterie chez leurs vaches grâce à la quantité de renseignements que les robots recueillent pour chaque animal et des alertes qui informent le producteur de certains problèmes.

La plupart des producteurs ont noté que la boiterie était demeurée stable ou avait diminué après l’introduction d’un STA, en plus de trouver la détection des vaches boiteuses plus facile en raison de la détection automatique. Toutefois, une mise en garde s’impose : il semble que le changement de mode de stabulation (c.-à-d. de stabulation entravée à stabulation libre) effectué en même temps que le passage à un STA ait mené à la détection d’un plus grand nombre de cas de boiterie. Cela permet de croire que l’augmentation de l’activité motrice des vaches entrainée par le passage de la stabulation entravée à la stabulation libre combiné à l’installation simultanée d’un STA a un plus grand impact sur la boiterie que la seule installation d’un nouveau système de traite.

La grande majorité des producteurs (87 %) ont signalé un taux de mammite clinique stable ou inférieur, d’après les rapports générés par les STA. Environ les deux tiers des producteurs ont signalé une hausse du taux de conception après l’adoption d’un STA.

Presque tous les producteurs s’entendent pour dire que l’adoption d’un STA a amélioré leur qualité de vie au plan de l’économie de temps, de la souplesse, du stress, de la somme de travail physiquement exigeant et de la gestion du personnel.

« Dans l’ensemble, les producteurs nous ont dit que la transition à un STA avait répondu à leurs attentes et accru la rentabilité de leurs exploitations, » de dire Pajor. De fait, la très grande majorité des producteurs ont affirmé qu’ils recommanderaient l’adoption d’un STA aux autres producteurs.

Auteur : Shannon L. Tracey, Ph.D., Cross the “T” Consulting

L’aménagement des stalles pourrait influencer l’efficacité des systèmes d’alimentation automatique auprès des veaux

De plus en plus de producteurs laitiers optent pour le logement des veaux en groupe et pour les systèmes d’alimentation automatique. Plusieurs raisons justifient le choix de cette technologie. En plus des bienfaits en matière de santé et de bien-être des veaux, les producteurs apprécient la possibilité de réduire leur recours à la main d’œuvre tout en pouvant assurer aux veaux un apport suffisant en lait. Les systèmes automatisés permettent également aux producteurs de surveiller la consommation de lait de chaque veau et de mieux détecter les animaux malades grâce aux alarmes intégrées au système.

Cependant, les systèmes d’alimentation automatique comportent certains défis, dont la nécessité d’enseigner aux veaux à s’en approcher et à les utiliser. Certains d’entre eux y parviennent moins facilement que d’autres, ce qui peut entraîner une diminution de leur consommation de lait, un ralentissement de leur croissance et un plus grand risque de maladie.

L’Université de Guelph a mené une étude (financée dans le cadre de la Grappe de recherche laitière) pour mieux comprendre comment les méthodes d’enseignement et les types de stalles utilisés pourraient influencer l’interaction des veaux avec les systèmes automatiques. C’est une étudiante de cycle supérieur, Tanya Wilson, qui a mené le projet, encadrée par le professeur Derek Halley. Les chercheurs ont comparé deux types de stalles couramment utilisées avec les systèmes d’alimentation automatique. L’étude visait à déterminer si les veaux apprendraient à utiliser l’une des stalles plus facilement que l’autre. Ils avaient émis l’hypothèse que les veaux prendraient plus de temps à s’approcher, sans assistance, des stalles munies de cloisons pleines en plastique blanc, comparativement aux stalles munies de cloisons en grilles de métal.

Les chercheurs ont inscrit à l’étude 147 veaux Holstein du Centre de recherche et d’innovation laitière Elora (en Ontario). Les veaux étaient âgés d’au moins quatre jours au moment de l’intégration au logement en groupe, jumelé à un système d’alimentation automatique. Chaque veau a été jumelé à l’un des deux types de stalle, à cloisons pleines en plastique (Figure 1) ou à grilles de métal (Figure 2). Ensuite, les chercheurs ont entraîné les veaux à utiliser les stations d’alimentation automatique en les laissant d’abord téter leurs doigts, puis en les guidant vers les tétines des stations. À l’aide de caméras vidéos, les chercheurs ont filmé le comportement des veaux durant les trois jours de l’étude. Ils ont ensuite utilisé les données tirées des systèmes automatisés pour déterminer combien de temps les veaux avaient attendu pour s’en approcher, ainsi que la fréquence de consommation et la quantité de lait consommé.

Ils ont découvert que les veaux assignés aux cloisons à grilles de métal avaient pris deux fois plus de temps à s’en approcher que ceux assignés aux cloisons pleines. Ils ont également attendu plus longtemps avant de téter ou de mordre les tétines, et il leur a fallu plus de temps pour boire par eux-mêmes. Par comparaison, les veaux assignés aux systèmes d’alimentation à cloisons pleines ont appris beaucoup plus rapidement à y entrer et à utiliser les tétines. Dans l’ensemble, les veaux ont bu entre 8 et 34 litres au cours des 72 heures d’observation. Les chercheurs ont également découvert que le type de stalle utilisé par les veaux durant l’entraînement de départ avait un impact sur leur facilité d’apprentissage et sur leur consommation de lait. En effet, les veaux assignés aux systèmes à cloisons en grilles de métal ont consommé en moyenne 3,18 litres de moins que les veaux assignés aux cloisons pleines.

Grâce à cette étude, les chercheurs détiennent des preuves préliminaires selon lesquelles certaines caractéristiques des systèmes d’alimentation automatique peuvent influencer l’efficacité d’apprentissage des veaux. Il peut donc y avoir des répercussions sur la quantité de lait consommée et sur la santé et le bien-être des veaux. De ce fait, les producteurs doivent accorder de l’importance au type de stalle utilisé et tenir compte du fait que certains veaux exigeront plus d’entraînement pour réussir leur passage à l’alimentation automatisée.

Auteurs : Emilie Belage, M.Sc., Université de Guelph et Tanya Wilson, étudiante en maîtrise dans le département de médecine de la population, collège vétérinaire, Université de Guelph