Comment mieux prévenir la mammite?

Par Emilie Belage, MSc (Université de Guelph) en collaboration avec David Kelton, médecin vétérinaire, professeur, (Université de Guelph), Amy Westlund, rédactrice au Bureau de la recherche et Hélène Poirier, agente de transfert, Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait. Ce sommaire est un extrait d’un article publié dans le Producteur de lait Québécois, Décembre 2016.

La mammite coûte à l’industrie; plus de 4 millions $ de pertes chaque année, selon le Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine et la qualité du lait (RCRMBQL). Chaque ferme a ses propres pratiques de gestion, de sorte qu’il est parfois difficile de déterminer la cause exacte de la mammite.

 

David Kelton, chercheur à l’Université de Guelph, mène un projet de recherche (Grappe de recherche laitière) sur les obstacles à l’adoption des meilleures pratiques à la ferme. Son équipe a organisé des groupes de discussion en Ontario pour enquêter sur les raisons qui amènent les producteurs à adopter certaines pratiques de prévention de la mammite et pas d’autres. Ce projet tente de définir la perception des risques par les producteurs et leurs préférences quant à l’obtention de nouvelles informations.

Emilie Belage, étudiante à la maitrise au Département de médecine des populations et membre de l’équipe du Dr Kelton a organisé quatre groupes de discussion en Ontario au printemps 2016 afin d’identifier les obstacles qui empêchent les producteurs d’utiliser de manière efficace un certain nombre de bonnes pratiques établies, et ce, au moment de la traite. Tous les groupes de discussion composés chacun d’un maximum de 10 producteurs laitiers locaux ont été interrogés ensemble au sujet de leurs pratiques de prévention de la mammite et de leur routine de traite.

 

Pendant les séances de groupes de discussion, certains producteurs ont indiqué qu’ils ne disposaient pas d’informations suffisantes ou voulaient plus d’informations sur la raison pour laquelle certaines pratiques étaient importantes et nécessaires, surtout quand ils devaient procéder à la formation des employés. D’autres ont questionné l’utilité ou la facilité de mise en œuvre de certaines pratiques.
Les chercheurs ont également constaté que les idées et les perceptions des producteurs au sujet de la qualité du lait, ainsi que de ce qu’est un faible CCS, ont influencé leur motivation pour la prévention de la mammite dans leur ferme. Par exemple, certains producteurs ont déclaré que leur objectif était de maintenir un CCS du réservoir de 100 000 cellules/ml ou moins toute l’année, si possible. D’autres producteurs ont préféré concentrer leurs efforts sur d’autres questions, comme la boiterie ou la période de transition, tant et aussi longtemps que leur CCS du réservoir se situait entre 200 000 et 300 000 cellules/ml.

Par nature, la traite est une activité de routine. D’ailleurs, une étude précédente menée par ce même groupe de recherche avait révélé que les producteurs sont assez constants dans la façon dont ils traient leurs vaches laitières. Habitudes et routines sont difficiles à briser et peut-être que sans une forme de motivation (pénalité ou incitatif), les producteurs laitiers qui produisent déjà, par définition, un lait de bonne qualité (CCS de moins de 400 000 cellules/ml) ne verront aucune raison de changer ou d’adapter leur comportement et leurs actions. En somme, la plupart des producteurs conviennent que quand la routine est correcte, on ne la change pas

Affiche_Histoires_pisv5_Page_2-791x1024En somme, la plupart des producteurs conviennent que quand la routine est correcte, on ne la change pas. Par contre les producteurs peuvent quand même ajouté des bonnes pratiques dans la routine pour prévenir la mammite.

Belage et Kelton espèrent que ces conclusions contribueront à promouvoir un meilleur accès à l’information et à la connaissance dans l’industrie laitière ainsi qu’à trouver des solutions aux obstacles potentiels au contrôle de la mammite, à l’aide d’une approche spécifique à la ferme.

Pour plus de renseignements sur le projet, communiquez avec Emilie Belage ebelage@uoguelph.ca.

Les projets sont financés par la Grappe de recherche laitière 2 (Les Producteurs laitiers du Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada et la Commission canadienne du lait).

 

 

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