L’inclusion du maïs dans la rotation des cultures est rentable pour les fermes laitières et n’entraîne aucune hausse des émissions de gaz à effet de serre pour l’ensemble de la ferme

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Le texte qui suit est un abstrait d’une affiche présenté par l’étudiante Véronique Ouellet, Université Laval, pendant la réunion du American Dairy Science Association l’été passé.

Le maïs d’ensilage est une source d’énergie appétissante et digestible reconnue pour les vaches laitières. Cela dit, la production de maïs d’ensilage est largement critiquée en raison des plus grands risques environnementaux qui y sont associés comparativement aux plantes fourragères vivaces.

Objectif

Notre objectif consistait à utiliser le modèle d’exploitation agricole N-CyCLES pour évaluer l’effet de différentes rotations des cultures affichant divers niveaux de risques environnementaux sur les profits d’une ferme laitière, le bilan d’azote (N), le bilan de phosphore (P) et les émissions de gaz à effet de serre, tout en optimisant les pratiques de gestion requises pour maximiser les profits. Les adaptations apportées au modèle incluent notamment la modification des rotations, l’ajustement des contraintes d’optimisation, l’évaluation des coûts de production des cultures, l’évaluation de la valeur nutritive des fourrages et la mise à jour des besoins de fertilisation.

Méthodologie

On a utilisé des données représentatives d’une ferme laitière moyenne de la région du Centre-du-Québec, au Canada. Quatre scénarios de rotation des cultures considérés avoir un impact environnemental différent ont été intégrés au modèle et comparés : maïs grain-soja-maïs d’ensilage-luzerne-luzerne (impact négatif très élevé, +++); maïs grain-soja-maïs d’ensilage-luzerne/fléole-luzerne/fléole-luzerne/fléole (impact négatif modéré, ++); céréale-luzerne/fléole-luzerne/fléole-luzerne/fléole-avoine nue (faible impact négatif, +); céréale-luzerne/fléole-luzerne/fléole-luzerne/fléole-luzerne/fléole-grains mélangés (impact positif, -).

Résultats

Les résultats démontrent que la rotation (++) a produit les profits les plus élevés pour les fermes laitières (0,12 $/kg de lait corrigé), tandis que la rotation (-) a produit les profits les plus faibles (0,05 $/kg de lait corrigé). On avait prévu que la rotation (+++) produirait les plus faibles émissions de gaz à effet de serre attribuées à la production laitière (0,98 CO2 éq./kg de lait corrigé) à la sortie de la ferme, tandis que la rotation (-) produirait la valeur la plus élevée (1,03 CO2 éq./kg de lait corrigé). Ce résultat s’explique principalement par le manque de cultures commerciales vendues et par la teneur plus faible en glucides non fibreux et plus élevée en azote dans le régime alimentaire des vaches de la ferme pratiquant la rotation (-). On avait prévu que la rotation (-) produirait les bilans d’azote et de phosphore les plus élevés (20,1 g/kg de lait corrigé et 1,185 g/kg de lait corrigé, respectivement), étant donné qu’il a fallu acheter une plus grande quantité de maïs grain (156,5 t/an) pour compenser l’absence de maïs grain et de maïs d’ensilage cultivés à la ferme. Enfin, on avait prévu que la rotation (++) produirait les bilans d’azote et de phosphore les plus bas (12,8 g/kg de lait corrigé, 0,465 g/kg de lait corrigé).

Conclusion

Ces résultats nous portent à croire que l’inclusion du maïs d’ensilage dans la rotation des cultures n’entraîne pas davantage de risques environnementaux sur la production considérée que les rotations sans maïs, et que la culture de maïs d’ensilage est rentable si on considère l’ensemble de la ferme à titre d’unité de décision unique. Il convient tout de même de mettre au point de saines pratiques pour améliorer les autres facteurs environnementaux comme la structure et l’érosion des sols.

Auteurs : Ouellet, V. (Université Laval), D. Pellerin (Université Laval), M. Chantigny (AAC) et E. Charbonneau (Université Laval)

 

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