La boiterie : évaluation et prise en charge

La boiterie : évaluation et prise en charge

Par Laura Solano
D.M.V., candidate au doctorat
Université de Calgary

Partout dans le monde, la boiterie est l’un des plus importants problèmes de bien-être, de santé et de productivité dans les exploitations de production laitière intensive. Il est donc important pour les producteurs laitiers de réaliser qu’elle cause de la douleur, réduisant dans la foulée la longévité de la vache, sa production laitière et sa performance de reproduction – des éléments qui entraînent tous des pertes financières substantielles. Afin de bien évaluer et prévenir la boiterie, il est essentiel pour les producteurs de comprendre les facteurs qui contribuent à ce trouble nuisible.

Des groupes de recherche de trois provinces canadiennes ont mené une enquête nationale afin d’établir des mesures de référence pour la boiterie. Au total, 5 637 vaches abritées dans 141 étables à logettes ont fait l’objet d’une évaluation relativement à la boiterie. De plus, d’autres données ont été recueillies sur des vaches individuelles (lésions aux jarrets, longueur des onglons, score pour l’état de chair, parité, jours de lactation et production laitière), sur les pratiques de gestion (routine de nettoyage des planchers et stalles, routine associée à la litière et pratiques pour les bains de pieds) et sur la conception des installations (dimensions des stalles, type de base et de litière dans les stalles, largeur des allées d’alimentation, type de revêtement de sol et glissance) – des éléments qui peuvent influer sur la boiterie.

La prévalence globale de boiterie était en moyenne de 21 % (plage de 0 à 69 %), alors que le Code de pratiques pour le soin et la manipulation de bovins laitiers recommande une prévalence bien inférieure à 10 %. Notre étude a révélé que la prévalence de boiterie était plus élevée dans les étables dont le plancher était très glissant. Cependant, elle était nettement plus faible dans les étables qui utilisaient du sable ou de la terre battue comme base pour les stalles, ou dans les étables où la litière avait au moins 2 cm de profondeur, sans égard à la base de la stalle. Des facteurs individuels jouaient également un rôle important, puisque la boiterie était plus fréquente chez les vaches présentant une parité accrue, un faible état de chair, des blessures aux jarrets ou des onglons trop longs.

En conclusion, pour réduire la boiterie dans les fermes laitières canadiennes, il est important d’améliorer la gestion des vaches multipares, maigres et blessées. De plus, des efforts devraient être déployés pour s’assurer que les planchers ne sont pas glissants et que les stalles possèdent une litière adéquate et confortable.

Pour des ressources et des outils d’évaluation de la boiterie, visitez les sites

suivants :

https://www.dairyresearch.ca/francais/cow-comfort.php

http://www.hoofhealth.ca/Section6/Index6.html (anglais seulement)

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