Une approche globale pour favoriser la durabilité : la réduction des émissions de gaz à effet de serre – des vaches aux cultures

Une approche globale pour favoriser la durabilité : la réduction des émissions de gaz à effet de serre – des vaches aux cultures

L’information qui suit est extraite du magazine Innovation Express produit par Agriculture et Agroalimentaire Canada. Pour consulter la version intégrale de l’article, cliquez ici : magazine Innovation Express, Volume 5, numéro 4.

 Des équipes de recherche au Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc (Sherbrooke, Québec) et le Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures (Québec, Québec) travaillent en collaboration pour améliorer la durabilité de la production laitière au Canada. Les équipes menées par Drs Benchaar, Massé et Chantigny utilisent une approche globale pour analyser les émissions de gaz à effet de serre à la ferme, des vaches aux cultures, et pour évaluer l’effet des pratiques de gestion à la ferme sur la réduction nette totale de ces gaz à effet de serre (GES).

Le rôle de l’alimentation des vaches laitières dans les émissions de méthane

Dr Chaouki Benchaar et son équipe à Sherbrooke mesurent l’effet de différentes rations sur les émissions de méthane provenant de la fermentation entérique. Plus de 80 % des émissions de méthane à la ferme proviennent de la fermentation entérique. Le processus de fermentation entérique résulte en une perte d’énergie (émise sous la forme de méthane par éructations et flatulences) lorsque la vache digère sa ration.

L’équipe a évalué diverses rations à base de fourrages (ensilage de maïs, d’orge, de graminées et de légumes) et de drèches de distillerie avec solubles de maïs (DDSM). Ils ont constaté que lorsqu’ils intègrent jusqu’à 30 % de DDSM dans la ration alimentaire, les émissions de méthane chutent de 14 %, sans incidences négatives sur la prise alimentaire et la production de lait. Le remplacement d’ensilage de luzerne par de l’ensilage de maïs a réduit la production de méthane de 10 %. L’équipe a également établi qu’une vache laitière en lactation perd en moyenne 5,9 % de l’énergie brute consommée. Cette valeur est inférieure à la valeur par défaut (6,5±1) proposée par Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat  et utilisée par Environnement Canada pour calculer l’empreinte des émissions de CH4 entérique chez les vaches laitières.

Les travaux du Dr Benchaar ont été appuyés par les Producteurs laitiers du Canada et leurs partenaires dans le cadre de la Grappe de recherche laitière depuis 2010. Ses prochains travaux dans le cadre de la Grappe consisteront à évaluer les effets de d’autres stratégies alimentaires et à développer un outil pour estimer les émissions de méthane entérique à la ferme des vaches individuellement.

À l’étable – premier biofiltre conçu pour capter le méthane

Dr Daniel Massé du Centre de recherche de Sherbrooke a conçu le premier biofiltre capable de capter le méthane à de très faibles concentrations (200-400 parties par million) dans les étables laitières et de le transformer en dioxyde de carbone. Le biofiltre fonctionne seulement en hiver. D’autres recherches doivent être menées pour concevoir un biofiltre qui fonctionne de manière rentable à des températures allant de 5 à 15 degrés Celsius.

Mesurer les pratiques de gestion du fumier pour réduire les émissions de méthane

Dr Massé mène également des recherches pour fournir des données de référence sur les émissions de méthane, d’ammoniac et d’oxyde d’azote provenant du fumier pour les fermes canadiennes basées sur les rations, le type de litières, la gestion de l’entreposage du fumier et les pratiques d’épandage du fumier. Les données seront utilisées pour affiner les calculs de l’empreinte carbone des fermes laitières au Canada et pour mesurer les effets de différentes pratiques d’atténuation des GES appliquées sur les fermes.

Pratiques relatives aux sols et aux cultures mises à l’essai

Dr Martin Chantigny et son équipe à Québec mènent des recherches sur l’efficacité de l’épandage du fumier des bovins laitiers dans les champs comme moyen d’accroître la séquestration du carbone (stockage) dans le sol et de réduire les émissions de GES provenant des champs.

À l’aide des résultats des recherches de Drs Massé et Benchaar, l’équipe étudie dans quelle mesure les stratégies d’alimentation diminuent la production de méthane à partir du rumen et dans quelle mesure l’entreposage du fumier peut influencer la séquestration du carbone dans les sols et les émissions d’oxyde d’azote lorsque le fumier est épandu sur les grandes cultures.

Pour de plus amples renseignements sur les travaux à venir dans ces domaines dans le cadre de la deuxième Grappe de recherche laitière, consultez les résumés en ligne sur le site www.recherchelaitiere.ca.

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