Luzerne plus sucrée pour améliorer la production de lait et la durabilité des fermes laitières

La vache laitière, en tant que ruminant, a la capacité unique de transformer les fourrages, qui ne peuvent être digérés par l’humain, en un aliment nutritif de grande valeur : le lait. Une équipe multidisciplinaire de chercheurs de partout au Canada travaillent sur l’amélioration des fourrages, et plus précisément de la luzerne, dans le but d’accroître l’efficacité de la production du lait et la durabilité des fermes laitières.

« Notre objectif global est d’accroître la valeur nutritionnelle de la luzerne, son rendement et sa persistance grâce à la sélection génétique et à la gestion des cultures », a déclaré Dre Claessens, chercheuse scientifique au Centre de recherche et de développement de Québec d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et chercheuse principale responsable d’un nouveau projet de la Grappe de recherche laitière 3 intitulé Accroître la production et l’utilisation de fourrages à base de luzerne au Canada. « Nous avons recours à la génétique pour identifier et sélectionner les caractères dans les populations de luzerne qui apportent un meilleur ratio énergie/protéine afin d’obtenir une valeur nutritionnelle plus élevée dans les fourrages à base de luzerne donnés aux vaches laitières. Nous sélectionnons également les caractères associés à un rendement plus élevé, à la persistance dans le temps et à la résistance aux maladies », a ajouté Dre Claessens.

Les plants de luzerne à différents stades d’essai. Crédit de photo: Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherche et de développement de Québec.

Dre Claessens, qui est également copropriétaire de la ferme laitière Phylum au Québec, comprend bien l’importance de produire des fourrages de qualité pour les vaches laitières. L’alimentation est le premier poste de dépense d’une ferme laitière¹, et les fourrages représentent environ de 50 % à 60 % de la ration alimentaire servie aux vaches. Bien que la sélection et l’amélioration génétique des fourrages demandent du temps – de 10 à 20 ans pour commercialiser de nouveaux cultivars – le retour sur l’investissement peut être considérable². En effet, selon une étude économique de l’Université du Nevada³, il a été estimé que l’utilisation d’un nouveau cultivar de luzerne au rendement amélioré de 5 % procurerait un retour sur l’investissement d’environ 43 %, ce qui démontre l’avantage économique potentiel de l’amélioration des fourrages sur les fermes laitières.

Les vaches nourries de fourrages plus riches en sucre utilisent plus efficacement l’azote et ont une production de lait plus élevée. Les recherches menées antérieurement par l’équipe du Dre Claessens dans le cadre d’un projet financé par la Grappe de recherche laitière 2 de 2013-2018 ont permis d’identifier 26 gènes associés à la concentration en sucre dans la luzerne, de développer deux populations de luzerne ayant des concentrations en sucre plus élevées et d’associer différentes pratiques de régie culturale, favorisant un ratio énergie/protéine plus élevé.

L’équipe tire parti des résultats du projet de la Grappe 2 pour sélectionner le matériel végétal ayant une concentration plus élevée en sucre, afin d’accélérer le développement de cultivars possédant ce caractère et poursuivre les évaluations au champ. Les populations sont semées sur des parcelles de recherche partout au Canada (Alberta, Saskatchewan, Québec) afin de les soumettre à différentes conditions de climat et de sol, puis leur rendement et leur persistance sont mesurés.

Dans les laboratoires, les chercheurs de l’équipe analysent la valeur nutritionnelle des plantes à différents stades de récolte dans des conditions variables. « Nous allons tester les populations afin d’identifier les pratiques de régie culturale qui permettent d’optimiser l’équilibre entre les glucides rapidement fermentescibles et les protéines non dégradables, en utilisant différents mélanges de fourrages à base de luzerne. Nous examinerons ensuite les effets de la valeur nutritionnelle sur la synthèse des protéines microbiennes in vitro dans le rumen », a indiqué le Dr Gaëtan Tremblay, chercheur scientifique et membre de l’équipe au Centre de recherche et de développement de Québec.

Lorsque le projet sera terminé, les producteurs laitiers peuvent s’attendre à ce que les données et le matériel génétique issus des essais d’évaluation de la luzerne menés partout au Canada soient mis à la disposition des sélectionneurs de plantes fourragères canadiens afin qu’ils sélectionnent des populations expérimentales et possiblement qu’ils commercialisent de nouveaux cultivars améliorés. Ultimement, la disponibilité de nouveaux cultivars de luzerne permettra d’augmenter la production de lait fourrager et d’améliorer l’utilisation de la protéine, et donc, de réduire la dépendance aux concentrés et les rejets azotés … des impacts économiques et environnementaux non négligeables!

Un sommaire du nouveau projet de recherche de Dre Claessens est accessible en ligne à recherchelaitiere.ca. La sélection et la gestion des fourrages en vue d’en améliorer le rendement, la résistance, la conservation, la qualité et la digestibilité constituent une priorité de recherche et d’investissement de la Stratégie nationale de recherche laitière des Producteurs laitiers du Canada.

Le projet en bref

  • Échéancier : 2018-2022
  • Budget : 1 124 970 $
  • Partenaires financiers : Agriculture et Agroalimentaire Canada et les Producteurs laitiers du Canada
  • Nombre d’étudiants qui seront formés : 4 étudiants des cycles supérieurs et >25 étudiants de 1ercycle

 L’équipe de recherche

CHERCHEURS ORGANISATION RÔLES
Chercheuse principale (CP)
Annie Claessens AAC – Québec Responsable de la génétique et de la sélection des fourrages, de la coordination des activités des chercheurs et de la formation et la supervision des étudiants.
Co-chercheurs et collaborateurs
Bill Biligetu (Co-CP) University of Saskatchewan Génétique et sélection des fourrages; formation et supervision des étudiants.
Patrice Audy, Gilles Bélanger, Annick Bertrand, Julie Lajeunesse, Solen Rocher, Marie-Noëlle Thivierge, Gaëtan Tremblay AAC – Québec et Normandin Génétique moléculaire des cultures fourragères; évaluation de la valeur nutritive des aliments pour animaux; agronomie et physiologie des cultures; pathologie, physiologie et biochimie des fourrages; agroclimatologie et modélisation des agroécosystèmes; essai dans les champs; formation et supervision des étudiants.
Shabtai Bittman, Derek Hunt AAC – Agassiz Gestion des éléments nutritifs dans les systèmes agricoles; biologie végétale; essai dans les champs.
Surya Acharya AAC – Lethbridge Sélection des fourrages.
Édith Charbonneau, Caroline Halde Université Laval Nutrition des vaches laitières (fourrages); agroécologie; formation et supervision des étudiants.
Ralph Martin University of Guelph Agronomie des fourrages; essai dans les champs.
Kathleen Glover, Yousef Papadopoulos AAC – Kentville Agronomie des fourrages; sélection des fourrages; essai dans les champs.
Daniel Ouellet AAC – Sherbrooke Métabolisme de l’azote et nutrition des bovins laitiers; formation et supervision des étudiants.
Philippe Seguin Université McGill Gestion, physiologie et écologie des cultures de grande production; formation et supervision des étudiants.
Vern Baron AAC – Lacombe Agronomie des fourrages et du pâturage et physiologie des cultures.
Mike Schellenberg AAC – Swift Current Écologie des plantes fourragères et du pâturage.
Charles Brummer University of California Génétique et sélection des fourrages.
Josef Hakl University of Czech Republic Agronomie et valeur nutritive des fourrages.
Huguette Martel Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec Culture fourragère et agroenvironnement.

¹https://www.milk.org/Corporate/pdf/Publications-ODFAPReport.pdf

²https://www.beefresearch.ca/research-topic.cfm/breeding-forage-varieties-13

³Kettle et coll. Investing in new varieties of alfalfa: does-it pay? Fact Sheet 99-31. University of Nevada.

 

Des scientifiques présentent leurs projets de recherche au Symposium sur les bovins laitiers

 

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Le kiosque sur la recherche laitière des Producteurs laitiers du Canada était présent au Symposium sur les bovins laitiers à Drummondville, au Québec, le 29 octobre 2019, afin de fournir de l’information sur les nouveaux projets de la Grappe de recherche laitière 3 ainsi que distribuer des fiches techniques sur les bains de pieds, l’utilisation et la qualité de l’eau. Plus de 500 producteurs et professionnels du secteur laitier ont participé à ce symposium d’une journée.

Trois chercheurs ayant des projets de recherche financés par les Producteurs laitiers du Canada dans le cadre de la Grappe de recherche laitière et de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers ont présenté les résultats de leurs projets.

Unknown.jpegDr Benoît Lamarche, chercheur et responsable de l’Unité d’investigation nutritionnelle clinique à l’Université Laval, a fait une conférence sur l’impact de la consommation de produits laitiers sur la santé. Il a présenté des données scientifiques selon lesquelles la consommation de produits laitiers n’entraîne pas de problèmes de santé et que certains produits laitiers pourraient avoir des effets favorables sur la santé (c’est-à-dire en remplaçant d’autres aliments ou en contribuant à l’apport en certains éléments nutritifs). Il a conclu en affirmant que les recommandations actuelles à propos des produits laitiers à teneur réduite en gras devraient être reconsidérées. Sa présentation incluait des résultats de recherche issus de son projet sur la consommation de produits laitiers et la santé cardiovasculaire mené dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2.

Unknown-2Dre Annie Claessens, chercheuse au centre de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Québec, a informé les participants des premiers résultats issus de son projet visant à accroître la production et l’utilisation de fourrages à base de luzerne au Canada. Le développement de cultivars de luzerne plus nutritifs et persistants grâce à la sélection et à l’amélioration génétique s’avère un processus long et complexe, mais constitue une avenue prometteuse pour augmenter la production de lait fourrager, permettre une meilleure utilisation de la protéine, et donc, de réduire la dépendance aux concentrés et diminuer les rejets azotés… des impacts économiques et environnementaux non négligeables!

elsa_vasseur_109-1465408337-1575199832460.jpgDre Elsa Vasseur, titulaire de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers à l’Université McGill, a informé les participants sur comment rendre la base de stalle plus confortable. L’utilisation d’un garde-litière pour maintenir une plus grande profondeur de litière semble être une solution raisonnable et applicable pour les fermes en stabulation entravée. Une telle mesure pourrait être utile pour les producteurs souhaitant augmenter le confort et le temps de repos de leurs vaches, tout en les préservant mieux des blessures corporelles. Dre Vasseur a également présenté l’impact du premier cas de mammite ou de boiterie sur la longévité et la rentabilité des vaches primipares.

Nouvelle vidéo disponible sur la gestion de la litière pour améliorer le confort des animaux

Une nouvelle vidéo produite par Novalait explique comment les producteurs laitiers de la Ferme René Dupuis inc., au Québec, ont mis en application avec succès des résultats de recherche pour améliorer le confort des vaches dans leur ferme. L’ajout d’un garde-litière aide les producteurs à réduire les blessures et à améliorer le confort de leur troupeau. Les changements ont été apportés à la suite de recommandations fondées sur des données scientifiques découlant de la recherche menée dans le cadre de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers. La chaire est financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Novalait, les Producteurs laitiers du Canada et Lactanet.

10 ans de sélection génomique : et ensuite?

{Le texte suivant est un extrait d’un article écrit par Brian Van Doormaal, chef des services, Lactanet}

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C’est il y a dix ans, en août 2009, que les évaluations génomiques ont été publiées officiellement pour la première fois au Canada. Depuis, le secteur laitier a vécu un taux de croissance annuel sans précédent du mérite génétique moyen des jeunes taureaux admis en insémination artificielle (I.A.) partout en Amérique du Nord, qui excède maintenant 120 points d’IPV et 200 $ Pro$ par année. Avec cette constante impulsion, d’une année à l’autre, du matériel génétique des jeunes taureaux génomiques offerts par l’entremise des compagnies d’I.A., ces taureaux représentent maintenant les deux tiers de la part totale du marché de la semence au Canada.

La Figure 1 illustre très clairement l’impact de la génomique sur le taux constant de gain génétique annuel. Avant la génomique, le gain annuel était de 46 points d’IPV et de 79 $ Pro$ par année, et a soudainement changé après 2009. Au cours des cinq dernières années, le taux moyen de gain génétique a augmenté de l’ordre de 2,2, atteignant 102 points d’IPV et 180 $ Pro$ chaque année. Les lignes pointillées depuis 2009 dans la Figure 1 reflètent le progrès génétique prévu qui aurait été atteint à la fois pour l’IPV et Pro$ chez les animaux Holstein canadiens si l’avènement de la génomique n’avait pas eu lieu.

Figure 1 : Taux de progrès génétique réalisé chez les animaux Holstein avec la génomique

La génomique offre une occasion sans précédent d’atteindre des objectifs de sélection en vue d’obtenir des caractères à plus faible héritabilité même s’ils ont des corrélations génétiques négatives avec des caractères à héritabilité modérée ou plus élevée. La Figure 2 démontre l’impact que la génomique a eu sur le progrès génétique réalisé dans les caractères individuels. Le premier point clé à considérer est que le gain génétique positif est maintenant réalisé pour tous les principaux caractères de production et de conformation et les caractères fonctionnels, en plus de Pro$ et de l’IPV et ses trois composants. Avant la génomique, en plus de perdre du terrain pour la Fertilité des filles, la Persistance de lactation, le Tempérament de traite et le composant Santé et Fertilité de l’IPV, très peu de progrès génétique était accompli pour les autres caractères, dont les différentielles de Gras et de Protéine, la Vitesse de traite, l’Aptitude des filles au vêlage et la Résistance aux maladies métaboliques. Pour les onze autres caractères illustrés à la Figure 2, le taux moyen de gain génétique réalisé a augmenté du double.

Figure 2 : Gain génétique réalisé chez les animaux Holstein canadiens au cours des cinq dernières années par rapport aux cinq années précédant l’introduction de la génomique

 À quoi ressemblera l’avenir de la sélection génétique?

Il va sans dire que nous en sommes encore à la pointe de l’iceberg lorsqu’il s’agit de l’incidence que la génomique et le génotypage d’ADN auront ultimement dans l’industrie des bovins laitiers. Compte tenu de l’expérience acquise avec la sélection génomique au cours des dix dernières années, si on regarde vers l’avenir dans une boule de cristal, on peut s’attendre à voir ce qui suit au cours des dix prochaines années :

  • L’introduction d’une vaste gamme de nouveaux caractères d’importance économique et sociale, dont la plupart n’ont même pas encore été envisagés par les producteurs laitiers
  • L’utilisation accrue de semence sexée, de fertilisation in vitro et d’autres techniques de reproduction avancées, ce qui favorise aussi l’utilisation accrue de semence de boucherie pour inséminer des vaches laitières
  • L’utilisation de génotypes d’ADN en vue de stratégies de sélection améliorées qui équilibrent le gain génétique et le maintien de la diversité génétique, incluant l’utilisation de programmes d’accouplement basés sur les génomes
  • Une restructuration et une consolidation importantes du secteur de l’I.A., menant à une poignée de compagnies d’élevage plus grandes et multinationales
  • D’importants avantages à valeur ajoutée découlant du génotypage d’ADN, incluant la découverte et la consignation automatisées de la parenté ainsi que la traçabilité des animaux laitiers et des produits alimentaires.

Il est temps de vous inscrire au symposium sur la nutrition et la santé des Producteurs laitiers du Canada

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Cette année, le thème du symposium sur la nutrition et la santé portera sur l’alimentation durable.

Vous aurez l’occasion d’entendre des experts reconnus mondialement qui travaillent notamment pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Université McGill, l’University of California, Davis et Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Au terme de ce symposium, vous :

  • Aurez une meilleure compréhension des définitions et des objectifs d’une alimentation durable
  • En saurez plus sur l’impact de la production animale sur la durabilité environnementale, particulièrement en ce qui a trait à la production alimentaire canadienne
  • Comprendrez mieux les implications nutritionnelles d’une alimentation à base de plante ou « flexitarienne » comme le propose EAT-Lancet

Pour consulter le programme et vous inscrire, sélectionnez la ville de votre choix :

–  Montréal, le 29 octobre 2019 – aussi offert en webdiffusion en français
–  Edmonton, le 30 octobre 2019 – aussi offert en webdiffusion en anglais

Pour obtenir plus d’information, visitez notre site web.

Grappe de recherche laitière 3 : PROJET DE RECHERCHE EN VEDETTE

Au cours des prochains mois, nous présenterons l’un des 15 nouveaux projets de recherche de la Grappe 3 dans chacun de nos blogues afin de permettre à nos abonnés d’en apprendre davantage à propos de la recherche en cours. En effet, nos lecteurs découvriront comment la recherche est associée aux priorités de recherche des producteurs laitiers, pourquoi elle est importante pour favoriser l’innovation dans l’industrie laitière et ils en apprendront davantage sur les chercheurs participant aux projets.

Bonne lecture!

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Optimiser la santé et la production des vaches en système de traite automatisé

Une nouvelle recherche débutée en 2018 dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 explore des moyens de maximiser l’efficacité des systèmes de traite automatisés et d’optimiser la santé des vaches qui les utilisent. Le projet, dirigé par le Dr Trevor DeVries de l’Université de Guelph, tombe à point puisqu’environ 11 % des fermes participant à un programme de contrôle laitier au Canada utilisent des robots et que l’adoption de cette technologie continue de s’accélérer.

La portée de cette nouvelle recherche est impressionnante. Il s’agit de la première étude du genre à explorer les technologies de traite automatisées dans des fermes de toutes les provinces. De plus, l’étude sera basée sur des données recueillies en collaboration avec Lactanet. L’équipe de recherche comprend des experts canadiens de renom provenant de partout au pays et spécialisés dans les domaines de la santé des bovins laitiers, de la gestion et de la nutrition : les DrsGreg Penner et Tim Mutsvangwa (Université de la Saskatchewan), les DrsKarin Orsel et Ed Pajor (Université de Calgary), le Dr Todd Duffield (Université de Guelph) ainsi que Richard Cantin, Débora Santschi et René Lacroix (Lactanet).

L’équipe de recherche identifiera les facteurs au niveau des vaches et du troupeau qui influent sur la production laitière, la santé des vaches et l’efficacité de l’utilisation des robots en étudiant un échantillon à grande échelle de fermes laitières. L’information sera utilisée pour identifier les meilleures pratiques de gestion pour aider les producteurs employant des systèmes automatisés à produire du lait plus efficacement et à maintenir leurs vaches laitières en bonne santé. Un accent particulier sera mis sur la santé des vaches en début de lactation et sur les pratiques d’alimentation dans les étables en fonction de la conception et de la configuration de l’étable et cela, pour tous les stades de lactation.

« Considérant le nombre de fermes utilisant des systèmes de traite automatisés et le potentiel de croissance de cette technologie, il nous manque encore des connaissances sur les meilleures stratégies que peuvent utiliser les producteurs pour relever certains des défis que nous avons identifiés lors des recherches menées dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 2. Cette nouvelle recherche s’appuiera sur ces résultats », a indiqué le Dr DeVries.

Dans le projet de la Grappe de recherche laitière 2 sur les systèmes de traite automatisés, les chercheurs ont démontré qu’une baisse de production laitière et des problèmes en lien avec la santé des vaches, particulièrement en début de lactation, avaient un impact sur la rentabilité des systèmes automatisés. La boiterie, par exemple, était l’un des principaux facteurs identifiés comme ayant un impact négatif global sur la production de lait par vache et par robot. En effet, les vaches présentant une boiterie clinique (pointage pour la démarche de 3 sur 5 ou plus) produisaient 1,6 kg de lait de moins par jour que les vaches en santé et se faisaient traire 0,3 moins de fois par jour. De plus, il était deux fois plus probable que les producteurs doivent aller les chercher pour la traite. De plus, les vaches souffrant de boiterie grave (pointage pour la démarche de 4 sur 5 ou plus) étaient les plus susceptibles de devenir des vaches qu’il faut systématiquement aller chercher pour la traite.

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Visionnez la vidéo des résultats de la Grappe de recherche laitière 2 préparée par Meagan King (en anglais).

Pendant une période de 12 mois, ce groupe de chercheurs recueillera des données sur le logement, l’alimentation et la gestion par ferme et par système automatisé, et extraira les données issues du contrôle laitier pour chaque troupeau. Les données seront analysées afin d’évaluer l’impact au niveau des vaches et du troupeau sur la production laitière, la santé et l’utilisation du robot.

« L’important volume de données recueillies par ferme et par région nous permettra d’évaluer le rendement des systèmes automatisés. Nous serons ensuite en mesure d’établir des associations ou des différenciations, et d’élaborer des valeurs de référence dont les producteurs laitiers pourront se servir s’ils traient déjà leurs vaches avec des robots ou s’ils envisagent d’installer cette technologie sur leur ferme. Nous sommes impatients de développer pour les producteurs laitiers canadiens des informations indépendantes très pratiques, basées sur la science, et qui les aidera à utiliser la technologie le plus efficacement possible », a conclu le Dr DeVries.

Le projet en bref

  • Échéancier : 2018-2022
  • Budget : 300 000 $
  • Partenaires financiers : Agriculture et Agroalimentaire Canada et Les Producteurs laitiers du Canada, avec une contribution en nature de Lactanet
  • Nombre de fermes participantes : Plus de 200
  • Nombre d’étudiants qui seront formés : Plus de 8

 L’équipe de recherche

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Le Dr Trevor DeVries (professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le comportement et le bien-être des bovins laitiers) est le chercheur principal, le coordonnateur du projet et le principal conseiller pour l’étudiant au doctorat et les assistants de recherche de premier cycle qui travailleront l’été à l’Université de Guelph. Le Dr DeVries coordonnera l’ensemble de la collecte des données, particulièrement celles recueillies en Ontario et au Québec.

 

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Le Dr Todd Duffield (professeur, Ontario Veterinary College) est collaborateur et membre du comité consultatif de l’étudiant au doctorat à l’Université de Guelph et participera à la conception du projet ainsi qu’à l’analyse et à l’interprétation des données.

 

Unknown-2Unknown-3Le DrGregory Penner (professeur agrégé en physiologie de la nutrition) et le DTimothy Mutsvangwa (professeur en nutrition et métabolisme des ruminants) de l’Université de la Saskatchewan fourniront leur expertise en physiologie de la nutrition des bovins laitiers. À titre de co-chercheur, Dr Penner aura la responsabilité de conseiller les assistants de recherche du premier cycle qui travailleront pendant l’été à recueillir des données dans des fermes de la Saskatchewan et du Manitoba. De plus, les deux chercheurs participeront à l’interprétation des données et à la rédaction du manuscrit. 

Unknown-1La Dre Karin Orsel (professeure agrégée en épidémiologie vétérinaire à l’Université de Calgary) aura la responsabilité, en tant que co-chercheuse, de conseiller les assistants de recherche du premier cycle qui travailleront pendant l’été à recueillir des données dans des fermes de l’Alberta. La DreOrsel et le Dr Pajor (collaborateur) contribueront à l’interprétation des données et à la rédaction du manuscrit.

UnknownCe projet implique une importante collaboration de membres de l’équipe de Lactanet : Richard Cantin, Débora Santschi et René Lacroix. Ceux-ci participeront à l’identification et au recrutement des troupeaux, fourniront une expertise en gestion des données et donneront accès aux données du contrôle laitier de Lactanet (sous réserve de l’approbation des producteurs et de leur consentement à participer à l’étude).

Forum de Lactanet pour l’amélioration des bovins laitiers

Unknown copyLe tout premier Forum de l’industrie de l’amélioration des bovins laitiers se déroulant sous la direction de la nouvelle organisation Lactanet a eu lieu à Victoria, en Colombie-Britannique, les 17 et 18 septembre 2019. WestGen, qui célèbre son 75e anniversaire, était l’hôte de l’évènement où plus de 65 producteurs laitiers, conseillers et autres intervenants de l’industrie laitière s’étaient réunis pour l’occasion. L’équipe de la Grappe de recherche laitière était sur place et y a distribué les plus récentes informations sur les résultats de la Grappe de recherche laitière 2 et les nouveaux projets de la Grappe de recherche laitière 3.

 

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Barbara Paquet, présidente de Lactanet (Mention de source : Daniel Lefebvre, Lactanet)

 

Les personnes présentes ont pu écouter la présidente de Lactanet, Barbara Paquet, et son chef de la direction, Neil Petreny, parler de la vision et des actions de la nouvelle organisation. De plus, plusieurs experts ont parlé du développement de caractères existants et nouveaux associés à l’amélioration des bovins laitiers, des tendances en matière de génétique dans l’Ouest canadien et de l’histoire de l’insémination artificielle dans l’Ouest. 

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Dre Christine Baes, Université de Guelph

De plus, un groupe de producteurs laitiers a fait part de ses perspectives sur les nouveaux caractères génétiques qui seront nécessaires dans le futur. Pour sa part, la
Dre Christine Baes, de l’Université de Guelph, a présenté un survol de l’état de la recherche sur les caractères et les nouveaux développements, notamment une introduction à sa nouvelle recherche en cours dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3.

 

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Bonnie Cooper

Le Prix de distinction de l’industrie de l’amélioration des bovins laitiers 2019 a également été remis à Bonnie Cooper. En tant que rédactrice en chef du Holstein Journal, Mme Cooper a été saluée pour son excellence à communiquer aux producteurs les événements, les gens, les animaux et les développements qui ont aidé à façonner l’industrie laitière canadienne au cours de ses 45 années de carrière. On lui a rendu hommage pour le travail qu’elle a réalisé afin d’aider la marque Holstein canadienne à faire l’envie du monde entier et pour avoir communiqué les développements entourant l’amélioration de la race au nom de Holstein Canada, du Réseau laitier canadien et de partenaires clés de l’industrie.

 

Les sommaires des 15 nouveaux projets de recherche lancés dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 sont maintenant disponibles en ligne

Grappe 3_OptimisertraiteautomatiseQuinze nouveaux projets de recherche portant sur l’efficacité et la durabilité des fermes laitières, la santé et le bien-être des vaches, la qualité du lait, et le lien entre les produits laitiers et la santé cardiométabolique ont été annoncés dans le cadre de la Grappe de recherche laitière 3 en juillet 2019. Les engagements financiers conjoints de l’industrie et du gouvernement pour la Grappe de recherche laitière 3 totalisent 16.5 M$, y compris la contribution des partenaires majeurs Agriculture et Agroalimentaire Canada, Les Producteurs laitiers du Canada, Lactanet Canada et Novalait. De plus, 1 300 fermes laitières et 10 transformateurs laitiers consacreront du temps aux projets de recherche proposées en collaborant avec les équipes de recherche.

Un sommaire de chaque projet de recherche est maintenant disponible en ligne à recherchelaitiere.ca. Les sommaires contiennent la liste des chercheurs qui travaillent sur le projet, le montant investi, les objectifs, un aperçu du projet de même que les résultats attendus.

Des copies des sommaires seront distribuées lors des prochaines conférences où la Grappe de recherche laitière tiendra un kiosque.

 

La consommation de produits laitiers est associée à un risque plus faible de mortalité et d’événements cardiovasculaires : conclusions de l’étude à grande échelle PURE

shutterstock_55879525Des chercheurs du Population Health Research Institute (Hamilton, Ontario), sous la direction du DAndrew Mente, font partie d’une étude de cohorte à grande échelle regroupant 21 pays (l’étude PURE) et portant sur des gens âgés de 35 à 70 ans. L’étude a fait le suivi des apports alimentaires et de la consommation de lait, de yogourt et de fromage au fil du temps chez 138 484 personnes. Les chercheurs ont également évalué la mortalité et les événements cardiovasculaires majeurs totaux (c.-à-d., les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus du myocarde majeurs) afin d’évaluer toute association entre la consommation de produits laitiers totaux et la consommation de produits laitiers spécifiques et la mortalité et les événements cardiovasculaires. Dans un article scientifique publié dans la prestigieuse revue The Lancet en novembre 2018, l’équipe de chercheurs a révélé avoir trouvé une association entre la consommation de produits laitiers, particulièrement de produits laitiers à pleine teneur en matières grasses, et un risque plus faible de mortalité et d’événements cardiovasculaires majeurs au sein d’une population diverse multinationale.

D’autres activités de recherche dirigées par Andrew Mente, liées à l’étude PURE et financées en partie par les Producteurs laitiers du Canada, ont les objectifs suivants :

  1. Évaluer l’association entre la consommation de produits laitiers, la teneur en gras laitier, les types de produits laitiers et les acides gras saturés alimentaires et les taux de lipides sanguins;
  2. Étudier l’association entre la consommation de produits laitiers, la teneur en gras laitier, les types de produits laitiers et les acides gras saturés alimentaires et l’obésité (centrale et globale), le diabète, la tension artérielle et l’hypertension.

Vous pouvez visionner la présentation sur l’étude PURE qu’a donnée Andrew Mente à l’occasion de la conférence sur le rôle des ruminants dans une alimentation durable de la Fédération Internationale du Lait le 21 juin 2019 (début à 05:00) : Résultats récents de l’étude PURE : le cas des gras saturés, des produits laitiers et de la viande (en anglais seulement).

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Mise à jour sur la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers

Améliorer le confort et la longévité des vaches laitières peut améliorer la durabilité et la rentabilité des fermes laitières. Voilà la prémisse de la Chaire de recherche industrielle sur la vie durable des bovins laitiers lancée en 2016 et dirigée par la Dre Elsa Vasseur de l’Université McGill. Les résultats préliminaires de multiples études présentés en mai 2019 par la chercheuse et son équipe semblent prometteurs et pourraient mener au développement de nouvelles approches novatrices en matière de confort et de longévité des vaches.

Les résultats préliminaires produits à ce jour sont les suivants :

  • Les stalles de l’étable à stabulation entravée du campus Macdonald ont été ajustées : ajout d’un garde-litière pour accroître la profondeur de la litière, hausse du volume de paille utilisé dans la litière pour l’amener à 3 pouces et augmentation de la longueur des stalles. Ces modifications ont entraîné une hausse du temps passé en position couchée et une diminution des blessures aux jarrets, améliorant par conséquent le confort général des vaches. L’équipe responsable de l’étude tient toutefois à préciser que les conditions de chaque étable, telles que la ventilation et l’humidité, doivent être prises en compte et que la gestion doit être adaptée pour obtenir du succès avec un système de stalle sur litière profonde.
  • L’augmentation de la longueur de l’attache de 1 mètre à 1,4 mètre a offert aux vaches plus de possibilités de mouvement dans leur stalle. L’équipe responsable de l’étude a indiqué que le changement de la longueur de l’attache devrait être fait graduellement en sélectionnant les vaches qui profiteraient le plus de la modification et en évaluant comment les animaux s’adaptent au changement de longueur.
  • Dans les stalles plus larges, les vaches adoptent une variété de postures de repos, ce qui entraîne un meilleur repos des vaches et confirme qu’il faut au minimum satisfaire aux recommandations actuelles quant à la largeur des stalles.
  • Le logement des vaches laitières dans des enclos où elles sont libres de leurs mouvements pendant leur période de tarissement de huit semaines a été bénéfique pour leur repos et leur récupération sur le plan de la locomotion. Ces avantages peuvent être attribués à une combinaison de facteurs : moins d’obstacles dans l’environnement (via l’élimination des stalles à proprement dit), une zone de repos plus vaste et une zone plus confortable pour s’étendre. Cette étude a établi des références pour élargir l’utilisation des enclos de tarissement.
  • La mesure de l’impact des cas précoces de mammite et de boiterie sur la vie productive des vaches a montré qu’un début en santé assure une lactation plus rentable. En ciblant les étapes de production présentant des risques et les vaches à risque, les producteurs peuvent sélectionner les meilleures candidates pour la prochaine lactation.
  • Des données clés sont recueillies sur des variables coûts/profits que les producteurs peuvent utiliser lors de la prise de décisions pour développer un outil de gestion des troupeaux interactif qui contribuera à améliorer la rentabilité et la longévité des troupeaux.

 

Regardez la vidéo suivante, qui présente le témoignage de la famille Roy de Coaticook, au Québec. La famille y explique comment elle a utilisé certaines recommandations issues de la recherche pour apporter des changements à la ferme et améliorer le confort des vaches.

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elsa_vasseur_109Elsa Vasseur a obtenu son doctorat en sciences animales à l’Université Laval en 2009. Sa recherche portait sur les outils d’évaluation à la ferme axés sur le bien-être des jeunes bovins laitiers. Après avoir participé au Programme de bourses postdoctorales du CRSNG aux côtés de certains des plus éminents chercheurs canadiens du domaine du bien-être des bovins laitiers à l’Université de la Colombie-Britannique et chez Agriculture et Agroalimentaire Canada, elle a accepté un poste de recherche au Centre de recherche en production laitière biologique de l’Université de Guelph au campus Alfred, avant de se joindre à l’Université McGill en janvier 2016.